(Photo : @CP:gracieuseté Fanny Provencher-Sylvestre )
Une belle rencontre avec le député de Saint-Jérôme, Youri Chassin. 

Pas de 3e mandat pour Youri Chassin : il quitte sans étiquette partisane 

Par France Poirier

Après avoir longuement réfléchi et s’être laissé des portes ouvertes, le député indépendant de Saint-Jérôme, Youri Chassin, a décidé de ne pas se porter candidat pour un 3e mandat lors des élections provinciales de l’automne prochain.

« Je pense que c’est Vincent Marissal qui avait trouvé la formule qui me représentait le mieux. Quand il a annoncé qu’il ne se représentait pas, il disait qu’il avait encore le feu sacré, mais qu’il n’avait peut-être pas ce qu’il fallait dans le réservoir », explique le député.

A-t-il des regrets ?

Il a fait un bilan. « J’allais en politique par conviction. Puis quand j’ai quitté la CAQ en septembre 2024, je crois avoir servi d’électrochoc. Je quittais un gouvernement qui ne faisait pas ce qu’il disait qu’il allait faire. Avec un parti qui est au pouvoir avec une super majorité comme la CAQ, si les députés du caucus ne se lèvent pas pour dire publiquement qu’on ne s’en va pas dans la direction qu’on avait annoncée, ce gouvernement majoritaire fait ce qu’il veut. Je pense que j’ai incarné mes convictions », ajoute-t-il

Il se dit fier de quitter la politique sans étiquette partisane. « J’ai passé trop de temps et je me suis trop investi à bâtir un parti en pensant que ça allait vraiment changer le Québec. Puis j’ai constaté que certaines personnes se sont un peu dégonflées une fois arrivées au pouvoir. Je pense que c’est triste pour le Québec, pour le parti, mais c’est aussi triste pour des gens qui s’y sont investis », souligne le député de Saint-Jérôme.

À la suite de la décote du Québec, il a eu honte.  « On avait comme volonté d’avoir un Québec prospère et un Québec fier », souligne Youri Chassin.

Ce qu’il pense de la nouvelle direction à la CAQ ? « Je l’ai déjà dit, pour moi la CAQ c’est fini, ça ne changera pas. Surtout pas celle-là », selon lui.

Pour lui, il y a trois clans à la CAQ. « Il y a l’ancienne ADQ, très portée sur la prospérité. Il y a une aile plus nationaliste, attachée à l’importance de l’identité. Puis, il y a une troisième aile, qui est l’aile pragmatique, où on se défend d’être idéologique, mais où on n’est pas animé par les convictions de gauche, de droite, souverainiste, fédéraliste. On est animé par l’attrait du pouvoir. C’est ça le pragmatisme et Christine Fréchette l’incarne à merveille », dit-il.

Au début du 2e mandat, alors qu’il était déçu de ne pas avoir été choisi comme ministre, il explique que ce qui l’a le plus choqué. « Les gens comme moi, qui avaient le couteau entre les dents, et qui voulaient changer les choses, on a été laissés sur les banquettes. On a préféré des communicateurs. Ça annonçait la couleur. Ça annonçait qu’on ne ferait pas beaucoup de choses alors que la CAQ a été fondée sur un constat que ça n’allait pas bien et qu’on voulait changer les choses. Le Québec s’en va dans le mur, puis mine de rien, on s’habitue un peu à l’idée qu’on est un peu plus pauvre, puis qu’on est de plus en plus pauvre. Nos routes, nos services publics, c’est épouvantable ! »

Pour sa part, il a eu beaucoup de plaisir à travailler pour la communauté jérômienne, « parce que c’est une super expérience. J’ai adoré ça, j’ai adoré mes collègues, j’ai eu un fun fou à travailler avec mon équipe, avec la communauté de Saint-Jérôme », conclut Youri Chassin.

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