L'Imprimerie Québécor Media de Mirabel serait l'une des plus modernes au Canada.

Lock-out à l'Imprimerie Québecor Media

CONFLIT DE TRAVAIL. Les employés de l’Imprimerie Québecor Media, située à Mirabel, étaient furieux, en cette journée du 1er septembre. «On ne comprend pas pourquoi l’employeur nous fait ça, alors qu’on était sur le point de parvenir à une entente dans le cadre du renouvellement de l’entente collective», dit Stéphane Lacroix qui se fait leur porte-parole au sujet du lock-out imposé par la compagnie.

Le directeur du Service des relations publiques de Teamster, le syndicat qui défend les intérêts des travailleurs de l’imprimerie, ne mâche pas ses mots. «La culture d’entreprise de Québécor a changé quand Pierre Karl Péladeau a pris la place de son père à la direction, et on voit qu’elle se poursuit dans la même lignée, avec encore une fois un lock-out.»

Le fait que 50 employés aient été mis à pied depuis le début de l’année alimente l’inquiétude et la machine à rumeur. «Il n’y a plus que 44 employés», dit Stéphane Lacroix, «et on entend dire de manière persistante dans le milieu que l’imprimerie pourrait être vendue. Est-ce que le fait de décréter un lock-out ferait partie d’une stratégie de la part de l’employeur? On se pose des questions.»

Grâce à une clause enchâssée dans leur convention collective par Pierre Péladeau père, et datant de 1983, les employés savent au moins que le lock-out ne durera pas plus de 20 semaines. «La convention collective sera éventuellement renouvelée devant un arbitre qui tranchera. C’est bien dommage alors qu’on était si près du but. Ça restera une convention collective imposée alors qu’elle était près d’être négociée», dit Stéphane Lacroix.

Fausses rumeurs

Véronique Mercier, vice-présidente aux Communications chez Québécor Groupe Média, dément les rumeurs de fermeture de l’usine. «C’est carrément faux de dire que Québécor souhaiterait fermer ou vendre l’imprimerie. Si le volume de contrats a diminué, c’est suite à une cessation d’activité en lien avec la production commerciale. L’imprimerie ne produira plus de circulaires, car l’entreprise a choisi de se concentrer sur l’impression de journaux.»

Quant aux raisons du lock-out, le communiqué émis par la compagnie Québécor semble suggérer qu’il aurait été décrété suite au refus du syndicat de signer un protocole permettant de recourir à un arbitre en cas d’échec des négociations.

« Nous étions déterminés à conclure une entente dans les meilleurs délais et sans conflit de travail. Nous ne comprenons pas le refus du Syndicat (…) Il faut aussi mentionner que le Syndicat a acquis le droit de grève. Vu l’échec des négociations et considérant l’historique de l’imprimerie, nous avons la responsabilité de protéger les actifs de l’entreprise et d’assurer la continuité des opérations. Dans ce contexte, nous sommes malheureusement forcés de décréter un lock-out du groupe des presses,» déclare dans ce communiqué Richard Tremblay, vice-président des opérations industrielles d’Imprimerie Mirabel.

Selon Véronique Mercier, en refusant d’accepter que les négociations ne se rendent devant un arbitre en cas d’échec, le syndicat leur «signifiait qu’il souhaitait aller en conflit de travail. Nous devions nous assurer qu’il n’y ait pas de grève ni de vandalisme quelconque», dit-elle.

Stéphane Lacroix, porte-parole des syndiqués, persiste et signe. «Tout se passait bien à la table, on ne comprend pas pourquoi ils parlent d’échec des négociations.» Mais Véronique Mercier n’est pas du même avis: «ils voulaient qu’on s’engage à ne jamais faire de mise à pied qui concernerait les postes des non-syndiqués, qui n’ont pas de sécurité d’emploi. On ne pouvait pas accepter ça.»

 

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