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Les propriétaires de bars de Saint-Jérôme étaient prêts

Par lpbw

RÉGLEMENTATION. Depuis lundi, tous les bars du Québec doivent remettre une facture aux clients qui se commandent de l’alcool. Cette nouvelle règle de facturation qui vise à réduire l’évasion fiscale affectera peu les restos-bars de Saint-Jérôme qui s’étaient déjà dotés d’un module d’enregistrement des ventes (MEV).

«Ça fait longtemps qu’on a le MEV. On s’en servait pour la nourriture et la boisson. Pour nous, ça ne change rien», observe le copropriétaire du Bistro l’Uni-Verre, Daniel Lapierre. Les propriétaires du Resto-pub Le Cerbère, Yan Garceau et de la Microbrasserie Dieu du Ciel ! Jean-François Gravel tiennent à peu près le même discours.

Ceux-ci affirment que les discothèques et les bars sans service de restauration seront beaucoup plus touchés par cette mesure du gouvernement. «Dans les discothèques, le service de boisson est ultrarapide. Pour sortir la facture, il y a un délai de quelques secondes puisqu’il y a un code-bar», souligne M. Garceau qui note toutefois que de plus en plus de gens paient avec des cartes. «Je me demande comment ils vont réussir à appliquer la réglementation», ajoute M. Gravel.

Une application difficile

Même s’ils jugent cette nouvelle réglementation excessive, MM. Gravel et Garceau ne sont pas opposés à l’enregistrement des ventes. Ils croient toutefois que son application sera difficile dans certains bars. «L’idée est bonne, mais l’application doit être adaptée à la réalité. On voit que ce sont probablement des gens qui n’ont jamais travaillé dans un bar de leur vie (qui ont mis sur pied cette règle). Ils n’ont aucune idée comment ça se passe. C’est une mesure coup de poing pour ce que ça va rapporter», explique M. Gravel.

Le propriétaire du Dieu du Ciel !, trouve drôle la publicité du gouvernement qui met en scène une personne seule au bar qui demande sa facture. «Un vendredi soir dans les bars, c’est le zoo !», illustre-t-il.

Un compromis

Grâce à cette règle, Revenu Québec espère récolter à terme 42 M$ additionnels par année. «Je comprends le but recherché. Il y a longtemps eu de l’abus pour les déclarations fiscales», commente M. Garceau. «Le gouvernement a beau aller chercher des impôts, mais s’il nuit aux commerces, il n’est peut-être pas gagnant», nuance M. Gravel.

Si ce dernier est d’accord avec le fait que chaque bar doit se munir d’un MEV, il croit toutefois qu’une facture, qui serait enregistrée, ne devrait pas être remise systématiquement pour chaque consommation, mais seulement à la demande du client. «Ça serait un compromis qui correspondrait plus à la réalité. Le gouvernement gagnerait beaucoup de l’argent qui n’est pas déclaré sans nuire au commerce. En plus, on éviterait de gaspiller une tonne de papier».

Notons qu’un commerçant qui enfreint la loi s’expose à une amende allant de 300$ à 50 000$. Certains commerçants jérômiens ont refusé de commenter cette nouvelle réglementation.

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