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Les organismes d'aide alimentaire plus sollicités

Par lpbw

DOSSIER. Depuis quelques années, le coût du panier d’épicerie est en hausse au Québec. En 2016, les familles devront une fois de plus se serrer la ceinture puisque la facture d’épicerie augmentera de 350$. Cette hausse a des impacts inévitables sur les organismes d’aide alimentaire qui sont de plus en plus sollicités.

«Nous observons l’arrivée d’une nouvelle clientèle, souligne Diane Richard, coordonnatrice à la Corporation de développement communautaire (CDC) de la Rivière-du-Nord. Historiquement, ce sont des gens qui vivent de l’aide sociale qui utilisent ce service. Toutefois, l’augmentation du coût du panier d’épicerie vient toucher une nouvelle clientèle qu’on ne voyait pas nécessairement».

Mme Richard constate que des petits salariés, des étudiants et des aînés doivent avoir recours à ces organismes qui sont ouverts, la majorité du temps, le jour. «C’est une clientèle qui arrivait à se débrouiller avant. Cette hausse fait que ces gens ont de plus en plus recours à l’aide alimentaire, mais ils n’y ont pas accès (à cause de leur horaire)».

«De plus en plus difficile»

Sophie Desmarais, coordonnatrice à l’Ami-e du Quartier, note que même si les frais de toutes sortes augmentent, le salaire ne suit pas. «Le salaire minimum n’a pas augmenté depuis mai 2014», se désole-t-elle. Mme Desmarais fait également remarquer que les gens sur l’aide sociale et les aînés n’ont pas vu leur chèque augmenter de beaucoup.

«Comme les gens ont moins d’argent, ils viennent plus, ajoute Robert Taylor, directeur de la Soupe-Café rencontre à Saint-Jérôme. Dernièrement, j’ai ouvert 12 nouvelles fiches pour les gens qui ont besoin de dépannage. C’est de plus en plus difficile pour les gens, poursuit-il. Les coupes budgétaires font mal. Même les organismes communautaires ont été touchés par ces coupes».

Pour ces deux organismes ainsi que pour Gilles-Charles Clermont des Serres de Clara, les cuisines collectives sont une belle façon d’économiser sur les coûts d’épicerie. «Les jeunes hommes démontrent un intérêt beaucoup plus grand pour cuisiner eux-mêmes. C’est probable qu’il y ait un lien avec la hausse de la facture d’épicerie», affirme M. Clermont.

Pénurie de fruits et légumes

La hausse d’achalandage dans les comptoirs alimentaires a pour conséquence que les gens repartent avec moins de nourritures. «Nous avons moins de stock. On essaie d’être le plus efficace possible et de faire plus avec moins», souligne M. Taylor. En plus de l’augmentation de la clientèle, les organismes doivent négocier avec le manque d’aliments fournis par les entreprises.

«Nous sommes en pénurie de fruits et légumes frais. En janvier et février, nous avons toujours une baisse parce qu’au Québec on importe beaucoup ces produits», raconte Annie Bélanger, directrice de Moisson Laurentides qui approvisionne 78 organismes dans la région. Actuellement, l’organisme fournit seulement des patates, des choux fleurs et des carottes.

Mme Bélanger n’a pas les chiffres exacts, mais affirme que chaque mois Moisson Laurentides aide plus de 21 700 personnes. «C’est assez stable, mais on remarque une hausse de fréquentation (des organismes d’aide alimentaire) en janvier et février. Les dépenses sont plus élevées dans les ménages durant cette période».

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