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Les médias demandent des réponses à Stéphane Maher

Coalition des médias de Saint-Jérôme

Après une enquête de plusieurs mois, le maire Stéphane Maher est accusé d’avoir enfreint la loi électorale. Il affirme son innocence par voie de communiqué, mais ne répond pas aux questions.

 

Devant le refus systématique du maire de faire face aux questions de la population et des journalistes, les médias locaux Journal Le Nord, TopoLocal, Cime FM, et Journal Infos Laurentides s’unissent dans une invitation commune au maire de Saint-Jérôme.

Les médias croient que l’information locale n’est pas une information de second ordre et que les élus locaux, par la proximité de leur fonction, doivent au contraire être d’une imputabilité exemplaire. Nous acceptons volontairement que nos médias soient aussi imputables.

C’est pour cette raison que nous souhaitons que le maire de Saint-Jérôme Stéphane Maher tienne une véritable conférence de presse, dans un environnement propice au travail des médias, dans les meilleurs délais.

Les hommes et femmes publics ont la responsabilité de répondre de leurs actes quand les médias leur posent des questions qui sont d’intérêt public. Quand les élus tentent de se soustraire à cette responsabilité, nous croyons que nous avons le devoir de leur rappeler.

C’est un fondement de notre démocratie. Les médias ont l’obligation professionnelle d’aller aux sources, d’enquêter, et de recueillir tous les points de vue quand ils couvrent une nouvelle.

Au-delà de l’obligation de chaque média individuellement, le droit du public à une information objective et complète repose sur la présence de plusieurs sources d’information. Ainsi, les lecteurs sont en mesure de décider d’eux-mêmes de leur appréciation des faits, à partir du travail d’une diversité de professionnels et de médias.

C’est pourquoi nous nous sommes regroupés pour formuler publiquement, et d’une seule voix, que Stéphane Maher réponde aux questions que soulèvement ses agissements.

 

Poursuivi par le DGEQ

Le maire de Saint-Jérôme, Stéphane Maher, a reçu deux constats d’infraction du Directeur général des élections du Québec (DGEQ), en lien avec des irrégularités lors de l’élection municipale de 2017.

 

Le maire aurait tenté d’« influencer une personne au regard de sa candidature » à deux reprises. En effet, les anciens conseillers Mario Fauteux et André Marion avaient tous deux déposé chacun une plainte après que le maire aurait écarté leur candidature à quelques heures de la fermeture du dépôt des mises en candidature. Ils avaient même affirmé que le maire leur avait proposé des emplois en échange de quitter le parti. Ils n’ont pas eu le choix de se retirer et ont porté plainte au DGEQ qui a mené son enquête.

Il plaide non coupable

Jeudi dernier, pour répondre aux journalistes qui souhaitaient obtenir ses commentaires à la suite de la poursuite du DGEQ, c’est par voie de communiqué que le maire a décidé de s’exprimer alors qu’il était aux assises de l’Union des municipalités du Québec (UMQ). « Le 7 mai dernier, j’ai reçu un avis d’infraction de la part du DGEQ. Je prends acte de cet avis et souhaite affirmer qu’en aucun cas n’ai-je promis des emplois aux conseillers municipaux sortants Mario Fauteux et André Marion. Ces allégations sont fausses et mensongères. Il est malheureux de constater qu’une dispute politique prenne une tournure de la sorte. J’annonce donc que j’enregistrerai un plaidoyer de non culpabilité et que j’entends me défendre. Je souhaite que la lumière soit faite sur cette manœuvre de nos adversaires politiques et j’ai la certitude d’avoir gain de cause », pouvait-on lire dans son communiqué.

Enregistrement compromettant

Au lendemain de cette déclaration du maire, l’ex-conseiller Mario Fauteux a décidé de rendre public un enregistrement dans lequel le maire lui demande de ne pas se présenter comme candidat, en échange de quoi il lui offre un poste dans un organisme paramunicipal de la MRC. « J’avais décidé de l’enregistrer lorsqu’il m’a convoqué à quelques heures de la fermeture du dépôt des mises en candidature. Je me méfiais et j’ai bien fait. Il ne savait pas qu’il avait été enregistré et il m’a traité de menteur, alors la preuve est faite que je disais la vérité », a souligné en entrevue Mario Fauteux.

Le maire s’accroche

Le maire s’accroche à son poste malgré ces nouveaux développements et soutient dans un second communiqué qu’il a été enregistré à son insu et que les discussions avec Mario Fauteux doivent être prises dans leur contexte « soit un entretien sur l’avenir de M. Fauteux, sa vision de notre ville et une nécessaire opération de renouvellement de notre formation politique. Le chef d’un parti politique a le pouvoir discrétionnaire d’approuver ou non des candidatures. »

Il rappelle dans ce second communiqué que ni Mario Fauteux, ni André Marion n’ont obtenu de poste à la Ville de Saint-Jérôme ou à la MRC. Il soutient avoir enregistré un plaidoyer de non culpabilité à la suite de la réception du 7 mai de l’avis d’infraction du DGEQ et qu’il le maintient. « Je suis convaincu que le tribunal comprendra le contexte et je suis persuadé d’être blanchi de ces accusations », a souligné le maire dans son communiqué.

Des conseillères demandent sa démission

Les conseillères indépendantes Nathalie Lasalle et Johanne Dicaire, présentes aux assises de l’UMQ, ont dénoncé la situation et soutiennent que le maire Maher doit quitter ses fonctions.

« C’est inacceptable ce qui se passe, ce que M. Maher a fait », affirme la conseillère Nathalie Lasalle. « Le maire devrait démissionner ainsi que tous ceux qui ont trempé dans cette magouille. Ils ne sont pas aptes à siéger. Ils ont perdu la confiance de la population. »

« Ce que je souhaite, c’est qu’on rende les choses publiques, que l’on sache qui il est, et que ça suive son cours légalement », a ajouté Johanne Dicaire. La ministre des Affaires municipales, Andrée Laforest, se serait abstenue de commenter cette histoire en raison de sa judiciarisation.

Si Stéphane Maher était trouvé coupable, il devrait quitter ses fonctions et ne pourra se livrer à des activités partisanes pour une période de cinq ans.

Nathalie Lasalle et Johanne Dicaire, conseillères indépendantes

Poursuite du DGEQ : Un soulagement pour Fauteux et Marion

Les ex conseillers, Mario Fauteux et André Marion se sont dits soulagés que leurs plaintes aient été entendues et qu’une poursuite du DGEQ en découlent.

« C’est un grand soulagement, la pression est tombée pour nous. Ce sera plus difficile de nous traiter de menteurs avec l’enregistrement rendu public. Même si nous sommes heureux du dénouement, ce n’est pas un jour glorieux pour Saint-Jérôme », a souligné Mario Fauteux.

André Marion souligne avoir eu la même rencontre que M. Fauteux alors que le maire lui a aussi fait une offre de ne pas déposer sa candidature en échange d’un emploi. « Cette rencontre devait être une simple formalité, il devait signer mon bulletin de vote et j’étais élu par acclamation, puisque personne ne se présentait contre moi. Il avait déjà sa candidate prête, même les photos étaient déjà prêtes pour la campagne malgré que mes photos étaient déjà prises. C’était un geste prémédité », soutient André Marion.

Il ajoute que les autres personnes impliquées devraient aussi quitter, tout comme le maire. « La démocratie a été bafouée pour le compte du maire », conclut M. Marion

Mario Fauteux et André Marion les ex conseillers à l’origine des plaintes contre le maire.

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