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Le milieu de la santé dans la rue

GRÈVE. Ils étaient nombreux, en ce frisquet lundi d’automne, les travailleurs de la santé à être descendus dans la rue pour manifester, à Saint-Jérôme comme ailleurs dans la province. Dénoncer les compressions qui se multiplient, mais également l’apparente mauvaise volonté de la partie patronale dans le cadre du renouvellement de leur convention collective échue depuis 6 mois; voilà les revendications de ceux qui s’occupent de notre santé.

«C’est au moins une voiture sur trois qui klaxonne pour nous encourager,» disait Karine Lehoux, présidente du Syndicat CSN de l’Hôpital Saint-Jérôme, ravie de constater l’appui de la population à leur cause.

En ce 26 octobre, décrété jour de grève nationale par le Front commun, il semble que plus de 11 300 travailleurs de la fonction publique des Laurentides aient pris le chemin du piquetage pour dénoncer ce qu’ils qualifient «d’attaques du gouvernement» envers leurs conditions de travail, et parmi eux 1 760 membres de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux.

«Si rien ne bouge,» dit Karine Lehoux, «d’autres journées de grève sont prévues les 9 et 10 novembre, et s’il le faut, nous nous joindrons à la manifestation provinciale les 1, 2 et 3 décembre prochains.»

Encore des coupures de postes

Particulièrement révoltée par la suppression récente de 5 postes en psychiatrie, la présidente du Syndicat CSN de l’Hôpital Saint-Jérôme s’insurge: «Les conditions de travail au service de psychiatrie sont vraiment difficiles. Il faut parfois être 4 personnes pour maîtriser un patient en crise. S’il y a moins de personnel, ça devient carrément dangereux. On a déjà un collègue qui s’est fait attaquer et qui ne pourra plus jamais travailler à cause de séquelles permanentes. Il ne faudrait pas que ça arrive encore.»

Karine Lehoux a observé que l’administration profite des départs à la retraite pour procéder aux abolitions de poste en douce. «Quand une personne quitte, elle n’est jamais remplacée. On commence à comprendre.»

Impact sur les usagers

Selon un sondage commandé par le Regroupement provincial des comités des usagers, et réalisé par la firme Léger, 61% des Québécois seraient inquiets des moyens de pression dans la santé. «Pourtant les employés se relaient pour être sur la ligne de piquetage. Ils quittent leur poste pour une durée de 42 minutes seulement, en tout respect de la Loi sur les services essentiels, laquelle prévoit que les employés du milieu de la santé assument 90% de leur temps de travail en cas de grève,» dit Karine Desgroseillers, responsable des communications à la CSN.

Selon Karine Lehoux, les travailleurs de l’Hôpital de Saint-Jérôme utilisent principalement des moyens de pression visant à communiquer leurs revendications. «On porte des pantalons de l’armée ou nos bas de pyjamas! Parfois des casquettes ou simplement des macarons.» Tous assurent qu’il ne faut pas craindre d’impact sur la qualité des services aux usagers.

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