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La survie du parc linéaire est-elle menacée ?

Par lpbw

SUBVENTION. Les coupes de subvention du gouvernement au réseau cyclable de la Route verte met sérieusement en danger la survie du parc linéaire, soutient le président de la Corporation du parc linéaire Le P’tit train du Nord, Clément Cardin.

En novembre dernier, Québec a aboli son programme d’entretien de ce réseau cyclable qui compte 5 300 km à travers la province. Pour la Corporation qui s’occupe de la piste de 232 km de Bois-des-Filion à Mont-Laurier, cette coupe représente 327 000 $, soit près de la moitié de son budget d’opération. «La piste ne disparaîtra pas demain matin, mais la qualité va être moindre. Ça va nous prendre des années avant de revenir au niveau où l’on était», a déclaré M. Cardin en conférence de presse mardi, dénonçant la décision du gouvernement.

À ses côtés, Bruno Laroche, préfet de la MRC Rivière-du-Nord et maire de Saint-Hippolyte, s’est dit très préoccupé pour le future de la piste cyclable. «Je sens qu’on recule 20 ans en arrière et qu’on se retrouve encore une fois, les MRC et les municipalités, à travailler en silo. Nous devons vraiment travailler en équipe. Il y a une explosion démographique extraordinaire dans les Laurentides, il faut que les infrastructures suivent», a-t-il expliqué devant plusieurs élus de la région.

Selon la Corporation, l’entretien du parc linéaire coûte 3 000 $ par kilomètre. Jusqu’ici, ce montant était partagé à parts égales par le gouvernement et les municipalités. «Les municipalités et les MRC n’ont pas la capacité financière d’assumer à elles seules tous ces coûts pour cette infrastructure de renommée mondiale», a rapporté M. Cardin, ajoutant que ceux-ci sont locataires puisque le parc linéaire appartient au ministère du Transport.

Les commerçants inquiets

L’abolition de cette aide financière importante aura un impact direct sur les commerçants, croient les élus. «Nos aubergistes nous ont demandé de faire tout en notre pouvoir pour régler la situation, a témoigné le maire de Nominingue Georges Décarie. Beaucoup de commerces sont touchés par cette décision», a-t-il dit.

Clément Cardin, également maire de Piedmont, a rappelé que plusieurs commerçants ont besoin du P’tit Train du Nord pour leur survie. «Que feront-ils si la piste n’est plus sécuritaire ? Si elle n’est plus prisée par les touristes de partout à travers le monde ? Si elle doit fermer, faute de financement insuffisant ?», a-t-il questionné dans son discours.

Cette décision du gouvernement laisse un goût amer à la Corporation qui note qu’année après année, les utilisateurs de ce sentier cyclable sont plus nombreux. «On voit des augmentations de 3 à 6 % annuellement», souligne Mathieu Aubin, coordonnateur aux activités-patrouille, qui parle du parc linéaire comme étant la colonne vertébrale des Laurentides et un important moteur économique.

De mai à octobre 2014, plus de 1,1 million $ de passages a été enregistré par les sept compteurs placés sur le P’tit train du Nord, dont 70 % sont des résidents des Laurentides.

À titre indicatif, la Corporation rapporte qu’une étude réalisée en 2007 a révélé que les retombées économiques du parc linéaire étaient de 16 millions $ annuellement, basées sur un achalandage de 400 000 usagers.

Une pétition pour le maintien du programme

Une pétition circule à la grandeur du Québec afin que le gouvernement maintienne le programme d’entretien de la Route verte. Dans la pétition, on peut y lire que « si rien n’est fait, la fermeture des tronçons majeurs est à prévoir à très court terme».

En date de mercredi, celle-ci avait été signée par près de 24 000 personnes. La Corporation du parc linéaire Le P’tit train du Nord espère amasser 30 000 signatures avant le dépôt de la pétition à l’Assemblée nationale le 26 octobre prochain.

Conséquences

Sept travailleurs saisonniers et deux employés de bureau de la Corporation du parc linéaire Le P’tit train du Nord ont été mis à pied à cause de l’abolition de cette subvention. Deux coordonnateurs, dont Mathieu Aubin, seront remerciés le 30 octobre prochain. Notons également que le directeur général Joseph Licata n’a pas été remplacé après l’annonce de sa démission en mars dernier. Selon M. Aubin, il restera seulement une salariée à la Corporation.

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