| Par Anny Champoux

La médecine communautaire au service des sidéens

SANTÉ. L’ouverture officielle des nouveaux locaux de la Clinique Santé Amitié, qui vient en aide aux personnes avec le VIH-sida, a été une occasion de souligner les 25 ans du Centre Sida Amitié des Laurentides et les 15 ans de la clinique.

«Nous sommes le seul organisme de notre réseau à avoir sa clinique au Québec», informe Hugo Bissonnet, directeur général du Centre Sida Amitié. «Notre modèle de médecine communautaire est envié par d’autres régions du Québec», ajoute-t-il. Dans sa vision, il souhaite vivement exporter cette expertise et du même coup favoriser la reconnaissance de leurs services médicaux qui complémentent le système de santé public.

Mieux répondre aux besoins

Le déménagement de la clinique dans le centre-ville de Saint-Jérôme, au 515 rue St-Georges, est l’évolution logique des différentes activités de l’organisme, lesquelles sont centrées sur les besoins et la réalité des gens qui fréquentent le Centre.

On y offre notamment des soins médicaux, des traitements et du dépistage anonyme et gratuit à tous les patients – avec ou sans carte d’assurance maladie – afin de lutter contre le VIH-sida, les hépatites virales et les autres infections transmises sexuellement et par le sang.

«Toute personne qui est sexuellement active est à risque», rappelle M. Bissonnette. Dans un même souffle, il informe que les moyens de prévention sont efficaces et que les programmes d’échange de seringues et de distribution de condoms portent fruit. «À 3 cent le condom, l’investissement en prévention reste important – malgré le poids de l’austérité actuelle – considérant qu’il en coûte 25 000$ par année pour traiter un patient atteint du VIH-sida».

Précurseur au Québec

C’est le Dr Jean Robert, sommité en microbiologie médicale, qui a fondé la Clinique Santé Amitié à Saint-Jérôme. Toujours actif dans la région, son approche est basée sur les patients.

Depuis les années 80, il s’occupe des laissés-pour-compte du système de la santé. Toxicomanes et prostituées, victimes du sida ou de l’hépatite C ont la chance de compter sur ses soins et son écoute. On le décrit comme un humaniste. Il se définit comme un médecin de rue.

«À l’époque des temps troubles du VIH-sida, la réalité du diagnostic informait d’une fin de vie. Tu l’apprenais et tu mourais dans les six prochains mois», rappelle Hugo Bissonnet. «L’absence de services, la peur de l’inconnu et les stigmates reliés à la maladie étaient lourds à porter», précise-t-il.

Depuis, la technologie médicale s’est améliorée, les organismes d’aide se sont structurés et le personnel médical est plus qualifié. «Aujourd’hui, un défi auquel nous faisons face est le vieillissement des patients atteints de la maladie. Les services publics doivent s’adapter aux aînés atteints du VIH-sida », mentionne M. Bissonnet, concluant avec un cheval de bataille qui persiste toujours: «La maladie sociale du VIH-sida reste encore plus assassine que le virus physique».

VIH-sida : l’ensemble des cas de 2013 par région

Montréal déclare 63,3% des cas

La Montérégie abritait 9,2% des cas

La Capitale-Nationale en comptait 6,6%

Les autres régions du Québec (y compris les Laurentides) déclaraient moins de 5% des cas, tandis que la Côte-Nord, le Nunavik et les Terres-Cries-de-la-Baie-James n’en rapportait aucun Référence : Institut national de santé publique Québec

VIH-sida : l’ensemble des cas de 2013 par type de transmission

53,5 % des cas sont des hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes

23,5 % des cas sont des immigrants de pays où le VIH est endémique et où le contact hétérosexuel est le mode dominant de transmission du virus

11,4 % des cas sont des personnes hétérosexuelles originaires du Canada ou immigrants de pays non endémiques

5,9 % des cas sont des usagers de drogues injectables (UDI). Référence : Institut national de santé publique Québec

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