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«Je devais apprendre à vivre autrement» – Marguerite Blais

Par lpbw

AUTOBIOGRAPHIE. Marguerite Blais animait une séance de dédicaces de son livre Les lieux de mon cœur, à Saint-Jérôme, le samedi 21 mai dernier.

«J’ai vécu plus qu’une semaine émouvante parce que j’ai aussi reçu le prix Alliée 2016 de la Fondation Émergence», nous confiait-elle. Résidante de Saint-Hippolyte depuis longtemps, l’ex-ministre responsable des Aînés, a écrit ce livre pour tourner la page. «J’ai fait trois deuils, celui de mon frère, celui de mon mari et ensuite celui de la politique. Je devais apprendre à vivre autrement.»

Elle nous spécifie que son livre, des récits autobiographiques, n’a pas de prétention. L’auteure a choisi une approche intimiste. Elle a commencé par écrire en parlant de toutes les personnes qui l’ont marqué. «Ce sont des impressions de ce que j’ai vécu et des personnes significatives qui ont traversé ma trajectoire.» À commencer par Jean-Guy, qui fut son mari durant trente-six ans, pour lequel elle a agi comme proche aidante. Elle partage avec ses lecteurs ses réflexions comme celles sur la fin de vie, «Je me suis beaucoup interrogée pendant que j’accompagnais Jean Guy aux soins palliatifs.»

Lors de notre discussion, elle nous avoue que sa trajectoire en tant que ministre responsable des Aînés l’a profondément marquée. «Outre le phénomène de solitude observé chez nos aînés, c’est ma propre solitude que j’ai découverte».

Des projets

La vie politique ne lui manque pas. «Je ne me sentais plus capable. Quand mon mari est décédé, je suis retournée au bout de deux semaines à l’Assemblée nationale et j’avais l’impression d’être une spectatrice, de ne plus être partie prenante. J’ai réalisé que ce n’était plus ma place. J’étais si fatiguée d’avoir été proche aidante, si vidée, que je me demandais comment j’allais jouer mon rôle de députée sept jours sur sept. J’avais pris sept mois pour m’occuper de Jean-Guy. Alors, j’ai pris ma retraite, une semi-retraite! Je ne me suis pas retirée de la vie, mais de la vie politique.»

Marguerite Blais avoue au passage que, de plus, «il y avait des décisions qui avaient été prises qui ne correspondaient pas à mes valeurs et je n’avais plus le goût de me battre. Je n’avais plus de dossiers qui me touchaient. Les aînés c’était ma passion, n’importe quel autre dossier ne m’aurait pas intéressée.» En ce moment, elle donne des conférences sur le vieillissement, sur les proches aidants. «J’ai animé un colloque Vieillir et agir dans un monde numérique. Je fais partie du monde des aînés, mais au-delà de la politique. J’ouvrirai bientôt un autre chantier qui permettra à mes pétales de se déployer… Je vais toujours m’occuper des aînés, mais différemment il y a quelque chose qui s’en vient», conclut-elle en nous confiant aussi qu’elle a décidé d’écrire un autre livre.

Les lieux de mon cœur est publié chez Marcel Broquet-La nouvelle édition. Dans ce livre, Julie Snyder lui a écrit un témoignage. Le Dr Thomas a rédigé la préface et Jacques Rhéaume Ph.D, professeur émérite à l’UQÀM, a écrit l’avant-propos.

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