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Élections : Donner aux villes les moyens de leurs ambitions

Par Ève Ménard

Qu’on parle d’environnement, de main-d’œuvre ou d’accessibilité à du logement abordable, le frein principal des villes et des municipalités pour mettre en place des mesures est souvent le manque d’appui financier.

« Les divers paliers gouvernementaux ont transféré, au fil des ans, de plus en plus de pouvoirs et responsabilités aux municipalités, mais sans transférer les moyens monétaires pour que les municipalités puissent adéquatement répondre à toutes leurs obligations », résume Dominique Forget, mairesse de Val-David.

Actuellement, entre 70 et 80 % des revenus des villes proviennent de la taxe foncière. « Autrefois, les taxes servaient à nettoyer les rues, à s’occuper de l’éclairage et des déchets, mais aujourd’hui, les citoyens veulent plus. Ils veulent des services et ça demande plus de moyens », explique Michèle Lalonde, mairesse de Sainte-Adèle. 

Manque d’autonomie

Il y a 30 ans, André Genest était élu maire de Wentworth-Nord. À l’époque, les responsabilités n’étaient pas du tout les mêmes, raconte-t-il. Aujourd’hui, les enjeux sont multiples. Le préfet de la MRC des Pays-d’en-Haut donne l’exemple de l’environnement : les gens sont très préoccupés par le myriophylle à épis qui envahit les lacs de la région. Une des solutions consiste à installer des stations de lavage pour nettoyer les embarcations. Or, il s’agit de dépenses que les villes et les municipalités ne peuvent pas nécessairement se permettre.

L’inflation met aussi en lumière les impacts de la dépendance des villes à la taxe foncière et les limites de ce modèle fiscal, indique Xavier-Antoine Lalande, préfet de la MRC de La Rivière-du-Nord et maire de Saint-Colomban. D’un côté, l’inflation n’influence pas la taxe foncière, mais de l’autre, elle a des répercussions importantes sur les finances des villes. Naturellement, leurs dépenses augmentent en raison de l’augmentation des prix, mais leurs revenus n’augmentent pas au même rythme.

M. Lalande donne un exemple concret : le gouvernement octroi des subventions sur les infrastructures, mais leurs budgets en ce sens n’ont pas augmenté. Or, les coûts de construction, eux, augmentent.

« En fonction du coût réel des projets, la participation de Québec finit par diminuer et ce sont les villes qui absorbent la différence. »

Une région négligée

Un des enjeux spécifiques aux Laurentides est sa croissance démographique. La tendance est d’ailleurs amenée à se poursuivre. Selon les dernières données de l’Institut de la statistique du Québec, la région des Laurentides est celle pour laquelle on prévoit la plus importante croissance de la population d’ici 2041, avec 21,3 %. Cela amène de nouveaux défis en termes d’aménagement du territoire et d’accès aux services. Notamment, les liens routiers ne suffisent plus et les infrastructures comme les systèmes d’aqueducs et d’égout doivent être renouvelés, indique Xavier-Antoine Lalande.

« Nos infrastructures sont en retard vis-à-vis de la croissance », déplore-t-il. Que ce soit en éducation, en santé, en transport ou même en tourisme, les investissements du gouvernement provincial ne sont pas à la hauteur du poids démographique et économique des Laurentides, ajoute le maire de Saint-Colomban.

André Genest souhaiterait justement que les mesures et l’appui des gouvernements s’adaptent aux enjeux spécifiques des régions. Les programmes de la Société d’habilitation du Québec ne sont plus du tout adaptés à la réalité du marché immobilier actuel, donne-t-il en exemple.

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