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Deux professionnelles témoignent

Par lpbw

SANTÉ. Chantal Pilon est infirmière en dialyse à l’hôpital de Saint-Jérôme. Nathalie Fleurent est travailleuse sociale en dialyse, également à l’hôpital régional. Elles font partie du comité organisateur de la Marche du rein. Mais surtout, ce sont deux femmes passionnées par leur métier.

C’est la première année que Chantal s’implique dans le comité, c’est une cause qui lui tient à cœur. «J’aime la dialyse. Les patients sont attachants. On les voit régulièrement, on les connaît, le lien est fort. C’est gratifiant pour le personnel soignant parce qu’on crée des liens. J’ai le temps de parler avec eux», nous confie-t-elle. Elle ajoute: «On voit ces patients trois jours par semaine, en moyenne 4 heures. Sans dialyse, ce serait le décès, pour eux c’est vital.»

Accompagnement

Quant à Nathalie Fleurent, elle entre en fonction dès qu’arrivent les premiers traitements de dialyse, «parce que ce sont des gens qui vont être en choc de l’annonce qu’ils vont devoir faire une dialyse. Ça bouleverse des vies, c’est une contrainte. On a des patients pour qui ça représente une perte d’emploi, une séparation ou des problèmes financiers. J’essaye de favoriser l’adaptation et d’éliminer au maximum les contraintes.»

Plus encore, Nathalie accompagne aussi les gens dans la prise de décision d’arrêter la dialyse. «Parfois les gens d’un certain âge vont décider de ne plus faire de dialyse. Il y en a, au bout d’un certain temps, qui disent: ça suffit!» La travailleuse sociale est là pour faire l’accompagnement dans l’arrêt de traitement. «Là, je parle de fin de vie, de prise en charge par les soins palliatifs. J’ai un rôle important. C’est une décision majeure, je dois aussi accompagner les proches». Elle nous confie que ça arrive régulièrement. «Ça représente environ 5 % des patients. Après des années de traitement, ils sont très âgés, et sont en lourdes pertes d’autonomie, il y a pas juste l’insuffisance rénale. Ils n’ont plus de qualité de vie, ils sont au bout. Il s’agit alors d’une décision murie, avec une évaluation d’équipe, et le patient doit être apte à décider.»

Nathalie tient à préciser que leur objectif est toujours de prolonger la vie. Chantal nous donne comme exemple le fait que «si des patients ne se présentent pas à leur dialyse, on fait tout pour les contacter, on peut aller jusqu’à avertir la police.»

La marche

«C’est un évènement rassembleur dont l’objectif est surtout de sensibiliser les gens au don d’organe, explique Nathalie. Il y a beaucoup de dialysés, on a besoin de donneurs.» Cette dernière précise que la Fondation finance plus d’un tiers de la recherche en néphrologie au Canada. Au Québec, chaque année, elle contribue pour 1 M$ à la recherche. Les fonds amassés servent aussi aux services directs aux patients, entre autres, à payer des camps de vacances pour les enfants greffés et dialysés. «Ça donne du dépannage pour les patients plus démunis ou des téléavertisseurs gratuits pour les patients en attente d’une greffe.»

Dans les Laurentides, il y a trois centres de dialyse mentionne Chantal Pilon, à Saint-Eustache, Saint-Jérôme et Antoine-Labelle. L’infirmière ajoute que plus de la moitié des patients qui souffrent d’insuffisance rénale sont âgés de 65 ans et plus.

Quelques chiffres

146 patients sont actuellement dialysés à Saint-Jérôme, 80 à Saint-Eustache et 35 à Antoine-Labelle;

Il y a eu 21 greffés du rein dans la région, de mars 2015 à mars 2016;

La cause principale de l’insuffisance chez 36 % de nouveaux patients est le diabète.

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