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De Sarnia à Mirabel à la course pour dénoncer le pipeline 9

Par lpbw

ÉNERGIE. Une jeune étudiante de l’Ontario s’est arrêtée à Mirabel mardi avant de conclure sa course de 831 km le lendemain au terminal de l’oléoduc 9 d’Enbridge à Montréal-Est.

Rachel Thevenard, 22 ans, a réalisé cet exploit pour dénoncer le manque de consultation concernant ce projet de pipeline dont un tronçon traversera la région.

Partie de Sarnia en Ontario le 4 décembre, la jeune femme a couru entre 25 et 50 km par jour depuis un mois le long du tracé de l’oléoduc «ligne 9» d’Enbridge.

« Je n’avais jamais couru un demi-marathon avant, lance Mme Thevenard. Ce n’était pas si mal. Lorsque j’étais épuisée de courir, je marchais», ajoute celle qui s’était blessée lors d’un entraînement avant le début de son périple.

Cette dernière a décidé de se lancer ce défi pour soutenir financièrement la Première Nation des Chippewas de la Thames qui ont déposé un recours devant la Cour suprême pour faire annuler l’autorisation donnée à l’inversion et à l’augmentation du débit de la ligne 9. La capacité annuelle de cette ligne située entre Sarnia et Montréal doit augmenter de 240 000 barils par jour à 300 000 barils par jour.

« Les Premières nations n’ont pas été consultées. Cela contrevient à l’article 35 de la Constitution canadienne», explique-t-elle.

Celle-ci ajoute que celles-ci ne sont pas à l’abri d’une catastrophe naturelle. «Le pipeline de la ligne 9 est vieux de 40 ans, c’est dangereux», observe-t-elle.

Reconnaître les territoires autochtones

Le citoyen Jean Léger, membre d’Action Environnement Basses-Laurentides, qui a accueilli la coureuse à Mirabel appuie la démarche de Mme Thevenard. «La défense des territoires autochtones, la défense de notre eau potable, de nos territoires agricoles est au cœur de notre lutte. Ça nous interpelle.»

Selon lui, le gouvernement du Canada se doit de reconnaître les territoires autochtones. « Nous ne pouvons pas laisser des territoires ancestraux occupés par des gens se faire bafouer comme ça. C’est inadmissible, ça ne se fait pas», dénonce-t-il, ajoutant que les autochtones ont perdu «le deux tiers de leur territoire depuis l867», date de la fondation du Canada.

«Des gens généreux»

Pendant ces centaines de kilomètres parcourus, Rachel Thevenard a pu rencontrer plusieurs Canadiens et les conscientiser sur ce dossier qui lui tient à cœur. « Les gens ont été généreux envers moi. Certains ne connaissaient pas le dossier, donc j’ai pu leur en apprendre sur le sujet», raconte-t-elle.

L’Ontarienne est arrivée à Mirabel mardi soir. Le lendemain, elle a tenu un point de presse avant de se diriger vers Lanaudière, Laval et finalement Montréal où elle a terminé son long parcours.

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