(Photo : Municipalité de Saint-Hippolyte)
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Conciliation travail-famille-loisir : Le métier de pompier à temps partiel ne convient plus

Par Marie-Catherine Goudreau

Des municipalités des Laurentides font face à des difficultés de recrutement et de rétention des pompiers à temps partiel. La crise du logement et la conciliation travail-famille complexifie la gestion des ressources humaines dans les services d’incendie.

La Municipalité de Sainte-Anne-des-Lacs a notamment mandaté le directeur du Service d’incendie pour « explorer de nouvelles stratégies et solutions ». « Ces enjeux ne datent pas d’hier. C’est difficile pour les villes plus éloignées comme Sainte-Anne-des-Lacs de retenir leur personnel », indique Alain Grégoire, directeur du Service d’incendie. Dans la municipalité, le service d’incendie est assuré par des pompiers à temps partiel, c’est-à-dire des personnes qui sont sur appels. « Souvent, ils ont un deuxième emploi. Ils peuvent se faire appeler à tout moment. »

Changement générationnel

Dans la municipalité, M. Grégoire est le seul à temps plein, avec un capitaine à 16 heures par semaine. Tous les autres pompiers sont sur appel. « Depuis quelques années, il y a un changement générationnel. Les jeunes d’aujourd’hui cherchent à avoir un meilleur équilibre dans leur vie. Ils veulent avoir des loisirs, voir leurs enfants grandir. Ils ne veulent par avoir un deuxième emploi de soirs et de fin de semaine », rapporte le directeur.

Les gestionnaires n’ont donc pas le choix d’étudier cette situation « pour continuer à protéger les citoyens ». Selon M. Grégoire, ce problème affecte moins les villes qui offrent des postes à temps plein, car elles peuvent offrir une carrière.

« Les jeunes ne veulent plus ce modèle de pompiers d’il y a 10 ans, où ils doivent être disponibles les soirs et fins de semaine », soutient pour sa part Jean-Philippe Gadbois, directeur général de la Ville de Saint-Sauveur. Le Service d’incendie de Saint-Sauveur et Piedmont regroupe six pompiers à temps plein et une vingtaine de pompiers à temps partiel.

Crise du logement

Le manque de logements abordables dans les municipalités plus éloignées n’aident pas à trouver des employés. C’est le cas à Saint-Hippolyte notamment, où il n’y a pas beaucoup de parc immobilier, indique Mario Saint-Pierre, directeur adjoint du Service d’incendie à Saint-Jérôme.

« Quand on affiche un poste, on n’a pas de difficulté à avoir des candidatures. Cependant, le défi est de les garder. Souvent, ils vont finir leur formation et venir travailler avec nous à temps partiel, mais dès qu’il y a un poste à Montréal ou Gatineau, on les perd », souligne M. Saint-Pierre. Comme les pompiers doivent se trouver à moins de 5 km de la caserne, il est difficile pour eux de trouver un logement.

Il y a aussi un gros taux de roulement à Saint-Sauveur et Piedmont, phénomène qui est aggravé par la crise du logement. « Dans un avenir moyen, on devra avoir des pompiers à temps plein », souligne M. Gadbois. Le modèle du pompier à temps partiel est voué à disparaitre, selon lui, avec les visiteurs et la population qui augmentent d’années en années.

« Il faut regarder quel est le coût. Mais il y a aussi des bénéfices à avoir plus de pompiers à temps plein, car le temps de réponse est amélioré », rapporte M. Gabdois.

Se regrouper

Dans la MRC de La Rivière-du-Nord, les villes se sont regroupées pour mieux répondre à la demande. Ainsi, c’est le même « état major » qui gère les services d’incendie de Saint-Jérôme, Saint-Hippolyte et Prévost. « On a un protocole d’entraide. Puis, on peut mettre des appels automatiques à plusieurs casernes. Alors quand il y a un feu, plusieurs villes peuvent répondre », explique M. Saint-Pierre.

C’est aussi le cas de Piedmont et Saint-Sauveur qui ont le même service d’incendie. « Les regroupements sont inévitables. Les petites municipalités qui ont des services devront envisager des ententes. Un plus gros service a plus de moyen et plus de pompiers à temps plein. »

Selon M. Grégoire de Sainte-Anne-des-Lacs, une des seules solutions pour les petites municipalités est de se regrouper. « On regarde sérieusement la collaboration. Ça prend une volonté politique. »

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