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Ces petits chevaux qui ont construit notre pays

PATRIMOINE. Tout au long de l’année, les célébrations se sont multipliées afin de souligner le 350e anniversaire de la race du cheval canadien. Le petit cheval de fer, comme on le surnomme, est issu de la lignée des premiers chevaux d’Amérique du Nord, arrivés de la France par bateau en 1665. La famille Gratton en élève depuis une trentaine d’années, sur sa terre de Mirabel, près du village de Sainte-Monique.

«On dit toujours qu’ils ont du caractère,» dit Jean-Claude Gratton, en tirant sur le licou de Prince, ce petit rebelle qui n’aime pas trop se faire prendre en photo. «Et c’est vrai! Mais on les aime parce qu’ils ont du cœur. Ce sont les plus vaillants, les plus résistants et les plus polyvalents. Et puis quand on n’est pas grand, c’est parfait, ils sont juste de la bonne taille!»

Monsieur Gratton a toujours côtoyé les chevaux. «Rappelle-toi,» lui dit Agathe, son épouse. «Vous faisiez la «run de lait» en charrette à cheval, à Saint-Jérôme, avec ton oncle, dans les années 50!» « Ah oui,» dit Jean-Claude. «C’est moi qui conduisait!»

L’ancien champion coureur automobile et sa douce moitié sont tombés en amour avec la race du cheval canadien, un peu par hasard. C’était pour eux l’occasion d’une seconde carrière. «On avait déjà des chevaux, et un jour quelqu’un nous a parlé d’une belle petite jument canadienne à vendre. On est allé la voir, et c’est là que tout a commencé.» Les Gratton se sont alors lancés dans l’élevage. «On est rendu à la 3e génération. Cette première jument, c’était la grand-mère d’Iris, que vous voyez ici!» Les jolis chevaux à la robe brun roux s’ébrouent joyeusement dans leurs boxes, où règne une bonne odeur de foin sucré produit à même la ferme des Gratton.

Les éleveurs auraient bien voulu continuer à faire leur part pour la race, mais, il y a un «mais». Le cow-boy explique : «À 76 ans, je n’ai plus vraiment le temps. La gestation dure 11 mois, ça prend 3 ans pour débourrer un cheval…d’ici là je risque bien de ne plus voir clair!» Louer leurs chevaux pour la promenade, en garder en pension, ils le font encore. Surtout que le sentier du Club équestre de Mirabel traverse leur terre, passant juste à côté d’un petit refuge qu’ils mettent à la disposition de ses 460 membres. Mirabel, avec ses 200 km de sentiers, est un paradis pour les amateurs de balade équestre, tout le monde sait ça.

L’histoire du cheval canadien

Le cheval canadien est originaire de la vallée du Saint-Laurent. Il est issu de la lignée des premiers chevaux d’Amérique du Nord, 82 juments et étalons envoyés par bateau en 1665 par le roi Louis XIV. On raconte que pendant plus de 100 ans, leurs descendants se sont reproduits entre eux, sans entrer en contact avec les chevaux anglais ou espagnols qui vivaient beaucoup plus au sud, créant ainsi une race aux caractéristiques distinctives. Ce cheval est maintenant reconnu race animale patrimoniale par le gouvernement du Québec, au même titre que la vache canadienne et la poule Chanteclerc.

Depuis que les chevaux ont été remplacés par la machinerie dans les champs, et par les voitures sur les routes, la population du cheval canadien a dramatiquement baissé. En 2013, l’Association Québécoise du Cheval Canadien recensait seulement 2 500 chevaux canadiens à travers le Québec, dont 10% environ dans la région des Laurentides.

«Nous élevons pour nos enfants les chevaux de nos pères», ainsi va la devise de l’Association Québécoise du Cheval Canadien qui s’est donné pour mission de promouvoir la race et de donner des occasions aux propriétaires de se rencontrer pour partager leur passion.

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