| Par Brigitte Bertrand

Cancer du sein: un million$ pour aider

La Fondation Cancer du sein du Québec lance le concours "Subventions 1 million pour aider", destiné à offrir plus de services de soutien aux personnes touchées par le cancer du sein au Québec: femmes (et hommes) atteintes et survivantes, proches et professionnels de la santé.

La Fondation offrira une subvention à un (ou des) centre(s) hospitalier(s) ou un organisme communautaire travaillant auprès des personnes atteintes de cancer et leurs proches (avec une importance clientèle en cancer du sein) qui propose un projet. Un montant maximal de 500 000$ pourra être accordé pour une même demande.

Dans les Laurentides, certains services sont déjà bien implantés, mais beaucoup reste à faire. C’est du moins l’opinion de la Jérômienne Nathalie Prud’homme, une figure connue de la région qui combat actuellement un quatrième cancer. «Il y a beaucoup de manques sur le terrain. Je le constate parce que les gens m’écrivent et m’appellent pour me le dire», souligne-t-elle. Selon elle, les besoins gravitent autour de trois axes: l’aide financière, l’aide psychologique et les regroupements entre personnes atteintes.

Un groupe d’entraide svp!

«Ça prendrait un projet pour former un élan communautaire. Il faut travailler à plus petite échelle, ensemble on peut faire plein d’affaires!», lance Mme Prud’homme. Selon elle, un groupe de soutien qui se réunirait une fois par semaine ou une fois par mois et qui offrirait des conférences serait déjà un bon pas vers l’avant. «Ç’a déjà été fait, c’est tombé à l’eau. Mais les choses ont changé depuis 10 ans», explique-t-elle.

Elle aimerait bien qu’un groupe d’aide, inspiré de la formule "donner au suivant", puisse exister. «Quand tu es malade, tu es bien contente d’avoir quelqu’un qui vient de porter des plats dans ton frigo, de la nourriture que tu ne peux même pas te payer», confie-t-elle. Elle souhaite aussi que les femmes aient un accès à la discussion et au partage.

L’argent, source de soucis…

«Il faut absolument des services d’aide directe à la personne. Il faut aller dans le concret comme le paiement d’un loyer. De l’aide financière, on n’en a pas! Je vis sous le seuil de la pauvreté avec deux enfants, et quand je demande de l’aide, on me dit que je n’entre pas dans le barème. Si je n’entre pas moi, qui d’autre le peut? », lance-t-elle.

Selon elle, l’aide psychologique n’est pas très accessible non plus. «Il n’y a pas de service spécialisé pour aider les femmes avant, pendant et après. Vivre un cancer du sein, c’est beaucoup de traumatismes: la mastectomie par exemple!», rapporte la battante.

Actuellement dans la région, les femmes atteintes ont droit au prêt d’une prothèse capillaire grâce à la Société canadienne du cancer, ainsi qu’à un panier de cosmétiques via le programme Belle et bien dans sa peau. «On nous montre à nous maquiller, se faire des sourcils, comment mettre un bandeau. C’est déjà bien implanté dans la région». À Saint-Jérôme sont aussi offerts gratuitement des ateliers de visualisation et d’art-thérapie.

«J’espère que les organismes sauront être imaginatifs et pourront bien utiliser cet argent. C’est bien beau les grandes fondations, mais il y a beaucoup d’argent qui se perd dans les dédales administratifs!», conclut-elle.

La Fondation Cancer du sein acceptera et évaluera les projets soumis selon plusieurs critères. Tous les détails, formulaires d’inscription et guide du participant sont disponibles sur le site web de la Fondation: www.rubanrose.org. On y retrouve aussi la description des projets récipiendaires des années précédentes.

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