| Par lpbw

Bombardier reporte les hausses salariales de ses hauts dirigeants

MIRABEL. Face au tollé soulevé par l’importante augmentation salariale de six dirigeants de Bombardier, la multinationale québécoise a décidé de reporter en 2020 plus de la moitié de la rémunération des membres de sa haute direction pour l’année 2016. 

Ce recul a été annoncé dimanche à la suite d’une manifestation contre cette hausse devant le siège social de l’entreprise à Montréal.

«Au cours des 75 dernières années, nos concitoyens ont toujours été à nos côtés. C’est en raison de cette relation tissée serrée que nous sommes sensibles aux réactions du public envers nos pratiques en matière de rémunération», indique Alain Bellemare, président et chef de la direction de Bombardier qui note que 50 % de la rémunération ne sera versée que si l’entreprise atteint ses objectifs de performance.

Lundi, sur différentes tribunes, M. Bellemare a dû défendre l’augmentation des hauts dirigeants en 2016 qui était de 48 % plus élevée que celle de 2015.

«En 2015 et 2016, on a abordé les problèmes de liquidité de l’entreprise, certifié les deux modèles de CSeries. Le CS100 et CS300 ont été mis en service et ont connu une performance exceptionnelle. Nous avons fait le lancement de notre nouvel avion d’affaires Global 7000 et on a mis en place un plan de relance», a-t-il expliqué à l’émission de Paul Arcand sur les ondes du 98.5 FM.

Le syndicat réagit

Lundi, le syndicat des employés de Bombardier a salué le recul de la multinationale. «Est-ce que c’est suffisant ? Ce sera à la population de décider», a affirmé le coordonnateur québécois de l’Association internationale des machinistes et des travailleurs de l’aérospatiale, David Chartrand. Ce dernier estime que si les hauts dirigeants ont droit à d’importantes augmentations salariales, il devrait en être de même pour les travailleurs. «Ce sont des gens qui sont sur le terrain et qui ont de l’expertise».

Selon lui, le gouvernement du Québec a commis des erreurs lorsqu’il a structuré son aide financière de 1,3 milliard $. «Bombardier s’est vu offrir des liquidités sans imposer les conditions nécessaires quant à l’utilisation des fonds. […] Nous pourrions par exemple, dans le cas de situation de sauvetage d’entreprise, exiger un cadre qui attacherait l’aide financière à des planchers d’emplois, des mesures visant à contrer la délocalisation et de garanties de développement d’infrastructures en sol québécois, et ce, de façon systématique».

«Les hausses devraient être annulées»

Le député de Saint-Jérôme, Marc Bourcier, croit que ce report de rémunération à 2020 n’est pas suffisant. «Dans un souci de respect pour les travailleurs, les hausses devraient être annulées». L’élu rappelle que des milliers d’employés ont été mis à pied dans les dernières années, dont plusieurs travaillaient à l’usine de Mirabel. «Cette augmentation est insultante pour les travailleurs. Les gens sont choqués et ont raison de l’être».

De son côté, le député de Mirabel Simon Marcil ne mâche pas ses mots. «On fait tout pour aller chercher des subventions et garder des emplois chez nous et ils s’octroient des augmentations de salaire comme ça, c’est odieux et indécent. Ils ne peuvent pas se donner de tels bonis lorsqu’il y a des mises à pied. Ça n’a aucun sens».

Pour sa part, le maire Jean Bouchard croit qu’il n’y aurait pas dû avoir de hausses salariales des hauts dirigeants «compte tenu de la situation actuelle précaire».     

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