(Photo : Nordy - Sébastien Fleurant)

Projet de 104 logements à Prévost : Une assemblée de consultation mouvementée

Par Aurélie Moulun

La Ville de Prévost organisait une seconde assemblée de consultation concernant le projet d’une centaine de logements dans le Vieux-Prévost. En présence du directeur général, d’une conseillère en urbanisme et du promoteur, les citoyens du secteur concerné étaient présents en grand nombre.

Le 9 mai, plus d’une quinzaine de citoyens s’étaient déplacés à la salle Saint-François-Xavier dans l’intention de poser des questions à la Ville et au promoteur relatives au projet immobilier.

Un début d’assemblée difficile

L’assemblée a commencé par une nouvelle présentation du projet de 104 logements. Laurent Laberge, directeur général, expliquait qu’il y a « une fuite de l’offre locative pour la clientèle de 55 ans et plus à Prévost ».

Il indiquait également « qu’augmenter la densité permet de rentabiliser et de financer l’entretien des infrastructures publiques. L’avantage de ce projet-là, c’est qu’il est situé au cœur du périmètre urbain et il est aussi au cœur d’un réseau de mobilité durable », ajoutait-il.

Une fois la présentation terminée, le ton a rapidement monté au moment où M. Laberge a annoncé le déroulement de l’assemblée. La Ville avait organisé un atelier interactif. Les citoyens devaient indiquer des commentaires constructifs sur des Post-it qu’ils colleraient ensuite sur cinq affiches. Celles-ci représentaient cinq thèmes entourant le projet, tel que la circulation.

Les citoyens étaient mécontents de cette initiative de la Ville, eux qui voulaient d’abord et avant tout s’exprimer et poser des questions.

Après quelques interventions et plusieurs demandes, le maire, Paul Germain, a finalement accepté d’entendre les citoyens et de changer la nature de l’activité pour une période de question.

« Avec cette activité, j’ai senti qu’ils tentaient de contrôler le message. J’étais très contente qu’ils changent d’avis », indiquait Marie Thibaudeau, citoyenne de Prévost, en entrevue avec le Journal.

Les citoyens toujours inquiets

Au cours de l’assemblée de consultation, plusieurs citoyens ont fait part de leur crainte que le promoteur acquière d’autres terrains dans le secteur afin d’y construire de nouveaux immeubles. Pour rassurer ses citoyens, le maire, Paul Germain, a ainsi proposé d’augmenter à nouveau la superficie minimale des terrains à 20 000 mètres carrés.

Autrement, le projet aurait d’ailleurs débuté en 2020, indique le promoteur pendant l’assemblée. Les citoyens n’ont visiblement pas apprécié de n’avoir été mis au cours que très tard de la venue d’un projet d’une telle envergure.

Le maire concède que la Ville aurait pu mieux faire les choses, mais il plaidait n’avoir connaissance de ce projet que depuis trois mois. Il expliquait qu’il y avait des problèmes de communication avant à la Ville. « On avait une personne qui entretenait une culture du secret, donc on a pris une décision administrative », indiquait-il.

Les citoyens pourraient refuser le projet de 104 logements

« Je souhaite qu’on abandonne le projet de règlement 601-88 et qu’après, on s’assoit avec le promoteur et on voit ce qu’on fait. « J’aimerais aussi que le promoteur retire ses vues sur les autres terrains », soulignait Marie Thibaudeau en entrevue.

« Je pense que le conseil s’est déjà fait à l’idée qu’il allait devoir abandonner le projet », ajoutait-elle. Comme de fait, M. Germain a indiqué au Journal qu’il est « sûr que les citoyens vont refuser le projet, et c’est leur droit. »

« C’est sûr que j’ai une certaine déception, mais je travaille d’abord pour mes citoyens. Donc, c’est important d’ouvrir le dialogue. Le projet n’est pas parfait, mais il y a beaucoup d’aspects positifs. Mais je pense qu’il y a peut-être trop d’unités de logements pour atteindre l’acceptabilité sociale », concédait le maire.

Finalement, Mme Thibaudeau voit toutefois la suite d’un bon œil. « J’ai senti la volonté du conseil de s’ajuster. Alors, j’ai bon espoir pour la suite. »

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