L’ancien entraîneur et directeur-gérant Serge Laprade nous a quitté dimanche dernier. (Crédit photo: Archives)

| Par Luc Robert

Décès de Serge Laprade, un sportif de renom

L’homme de hockey Serge Laprade est parti pour un monde meilleur, dimanche dernier, après un rude combat contre la maladie.

Le Jérômien de 73 ans a notamment fait sa marque comme entraîneur-chef des Cheminots de Saint-Jérôme, à l’époque de Ligue collégiale AAA, ainsi qu’avec plusieurs formations européennes. À titre de directeur-gérant, il a remporté la Coupe Fred Page, emblème de la suprématie du hockey junior AAA dans l’Est canadien.

« J’ai connu Serge il y a 45 ans, à l’époque des Volants de Sainte-Thérèse et d’Yves Locas. C’était un homme entier, qui s’engageait de tout son cœur dans ce qu’il entreprenait. Je perds un grand ami, que je respecte beaucoup. Les maladies aux poumons et le diabète l’avaient gravement hypothéqué depuis quelques années. Ça me fait de la peine, mais il ne souffre plus maintenant. Au moins, avec la gang de hockeyeurs de Saint-Jérôme rendus en haut, ils vont pouvoir se taper de superbes parties de cartes entre eux », a soutenu son complice de toujours, André « Chief » Binette.

La récente vague de départs des Mike Bossy et Guy Lafleur à l’échelle mondiale s’ajoute à celui de M. Laprade sur la scène locale. « Je suis allé à leur exposition, tout comme à celles de Maurice Richard et de Jean Béliveau. Ce n’est pas le fun, mais ma présence est une marque de respect. Ce sera encore plus poignant pour Serge, un gars avec qui nous avons bâti tant d’équipes. Il avait lâché la cigarette de façon intermittente. Fumer n’a peut-être pas aidé son cas. Depuis son opération aux artères, il y a un an et demi, sa santé était nettement plus chancelante. Mais son épouse Réjeanne a été une sainte en s’occupant de lui jusqu’à la fin », a témoigné M. Binette.

Souvenirs

André Binette et Réal Giroux, deux amis du disparu, se souviennent de M. Laprade comme étant un pince-sans-rire. 

« Quand il avait amené une équipe française de hockey pour une tournée de parties disputées au Québec, on se doutait bien que Serge jouerait encore un de ses tours pendables aux visiteurs. Arrivé à Lévis à bord de son Lincoln Continental, à 5h du matin en raison d’une tempête de neige qui sévissait, Serge avait demandé à la réceptionniste de l’hôtel de ne pas oublier faire un appel de réveil à 7h à la chambre des Européens. Plus tard dans la journée, Serge et moi nous cachions le visage, quand nous avons croisé les dirigeants français. Ils maugréaient encore pour savoir qui étaient les cons qui les ont obligés à se lever aussi tôt. Serge était fier de son coup, inutile de le préciser. »

Pour sa part, Jacques Auger se souvient très bien de l’épopée des Français au Québec. « Robert Blackburn et moi avions organisé la tournée. En plus de visiter Lévis et Saint-Georges de Beauce, Serge et les Français avaient été impressionnés d’assister à un match Canadien-Nordiques, de visiter le vestiaire et le bureau des coachs des Fleurs-de-Lysés et d’être reçus par le Consulat français à Québec. C’était une tournée amicale. »

Au Collégial AAA, comme dans toutes les autres ligues où il a dirigé des clubs, Serge Laprade ne laissait personne indifférent.

« C’était un gars imprévisible, mais un ami au grand cœur. Il pouvait se démener pour t’aider. C’était un bon entraîneur dans le feu de l’action, mais ses méthodes particulières ne fonctionneraient plus de nos jours. Quand il piquait une colère, on a même dû refaire des pentures de portes arrachées et repeindre celles-ci. C’était fabuleux d’entendre ses prises de bec légendaires avec les arbitres. »

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