Émile Nadeau assuré d’un retour aux Jeux olympiques d’hiver
Par Luc Robert
Les récentes prestations d’Émile Nadeau ont confirmé sa place aux Jeux olympiques d’hiver de Milano-Cortina.
L’approche progressive, à son retour de blessures aux vertèbres, aura porté ses fruits au bon moment.
« Je n’ai jamais douté d’Émile : il n’a volé la place de personne ! Ses efforts et sa volonté l’ont ramené dans l’alignement olympique de saut d’Équipe Canada. Ça fait quatre ans qu’il enchaîne les mêmes mouvements avec une fluidité déconcertante. C’est un acrobate incroyable, qui n’a aucune difficulté à exécuter les manœuvres les plus complexes. Je suis déjà très fier de son retour en force », a communiqué Rémi Bélanger, entraîneur de l’équipe canadienne, qui a pris la peine de retourner l’appel du journal Le Nord entre deux séances d’entraînements.
Les Canadiens peaufinent ces jours-ci leurs sauts à l’ancien site olympique de Lake Placid (NY).
« Les fractures de 2025 d’Émile sont de l’histoire ancienne. Le plan de match de retour graduel a fonctionné. Le défi demeurait de reconstruire la belle confiance qu’il affichait avant. Il connait sa portée de sauts. Même à la rampe à l’eau, l’été dernier à Lac Beauport, sa technique se trouvait encore à niveau. Le processus de sélection s’est effectué sur deux ans. Ses podiums et bonnes performances l’ont aidé. Et j’ai l’avantage de le diriger depuis plusieurs années. Je savais qu’il se trouvait sur le chemin du retour… vers le haut », a poursuivi M. Bélanger.
Certains observateurs ont cru que sa chance de retour avait passé « dans le beurre » à Lac Beauport, lors de sa récente sinusite, qui l’a limitée au tremplin double.
« En 2014, à Sommet Gabriel (Saint-Sauveur), on a reparti l’équipe à zéro. Émile a démontré de très belles aptitudes. En 2026, il se situait bien dans la sélection, en raison de ses succès passés. Mais il n’était pas question de le laisser sauter à Québec, sur le tremplin de quatre mètres, avec une sinusite qui affectait son équilibre. On n’a pas pris de chance. À Lake Placid, on s’est regardé dans les yeux et j’avais la sensation qu’il allait vraiment mieux. Sa 5e place a suivi. Il se trouvait au bon endroit, avec la rage de revenir à la compétition. On le sentait dans sa détermination à se préparer. C’est cet esprit-là qu’on recherche en allant rivaliser contre les meilleurs au monde. »
L’entraîneur refuse de s’emballer, mais il prédit encore de bonnes performances au Prévostois. Selon lui, lorsqu’il est « dans sa game », il peut remonter sur le podium à n’importe quel moment.
« Il faudra que les bonnes conditions en Italie soient réunies : qu’il arrive aux qualifications confiant. Le format olympique des sauts est différent : tu effectues deux sauts et le meilleur t’amène ou non à la ronde suivante, soit les 12 premiers, les six meilleurs etc. Le hic, c’est que tu ne peux pas répéter le même saut pour y parvenir. Être versatile comme Émile, Miha Fontaine, Lewis Irving et autres Marion Thénault nous permet de croire à d’immenses succès au sein du Québec Air Force 2.0 . Alexandre Duchaine représentait un sérieux espoir, mais une vilaine chute l’a poussé hors des sélections. Nous observons beaucoup de profondeur dans nos rangs », a terminé l’optimiste.