| Par Marie-Catherine Goudreau

Un enseignant du Cégep à l’international

Le documentaire parodique Opération Luchador d’Alain Vézina, enseignant en cinéma au Cégep de Saint-Jérôme, a remporté le prix de la meilleure production internationale au Feratum Film Festival, au Mexique. 

« C’est au-delà de nos attentes ! », souligne Alain Vézina, alors que son film a été présenté dans plusieurs festivals à l’international, dont en Argentine, en Espagne et en Italie. 

« De voir son film voyager et remporter un prix, ç’a été hautement apprécié et on ne s’y attendait pas. »

Entre réalité et fiction

Le faux documentaire est un style qui intéressait le professeur depuis longtemps. « C’est de raconter quelque chose qui n’est pas vrai, qui est inventé de toute pièce, mais avec un enrobage très crédible. On va raconter des choses totalement farfelues à travers un contexte historique qui est vrai », explique M. Vézina. 

Dans Opération Luchador, on suit donc l’histoire d’un lutteur masqué mexicain, l’Ange Doré. Le personnage inventé de A à Z vit des aventures qui relèvent de la fiction. Il est toutefois placé dans un contexte historique réel, comme la Deuxième Guerre mondiale et la montée du nazisme en Amérique du Sud. 

« Je pars de choses qui sont vraies et à cela je greffe des éléments fantaisistes, racontés sous la forme d’un documentaire classique », soutient M. Vézina. Selon lui, le plaisir est de savoir jusqu’où on peut aller en mélangeant la réalité et la fiction. 

Côté historique

M. Vézina s’intéresse beaucoup aux films de « série B », c’est son « plaisir coupable ». Il a aussi réalisé plusieurs documentaires, notamment Les soeurs de Nagasaki. « Opération Luchador était l’occasion pour moi de mélanger tout ça : ma passion pour l’histoire et ma prédilection pour les films
de série B. » 

Derrière un faux documentaire, il y a un gros travail de recherche, même si l’histoire n’est pas réelle. « Il a fallu que je m’informe, que je lise une biographie sur Hitler et des ouvrages sur la Deuxième Guerre mondiale. On ne peut pas faire un faux documentaire inventé de toute pièce. Il faut glisser de la fausse information dans un cadre réaliste », ajoute le professeur. 

Mais une question reste : est-ce que les gens vont vraiment y croire ? « J’espère que non… », répond M. Vézina. Il est arrivé dans le passé que de faux documentaires ne soient pas perçus comme tels. 

« Il faut établir un lien de complicité avec le téléspectateur. Les gens n’aiment pas se faire mener en bateau. »

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