| Par lpbw

Le choc culturel de Jean Chapleau, éducateur spécialisé

Même s’il était préparé, Jean Chapleau, éducateur spécialisé, l’auteur de «Récit d’un séjour au Cameroun,» un vécu en Afrique un véritable choc culturel qui, aujourd’hui encore, a transformé sa vie.

«[..]Durant ce séjour, je côtoierai des personnes qui doivent se battre quotidiennement pour se nourrir, en travaillant aux champs, en allant chercher de l’eau parfois loin de chez eux et qui garderont tout de même une joie de vivre. Je serai bousculé dans mes valeurs et dans mon mode de vie nord-américain, où la notion de bonheur et de bien-être est associée à nos avoirs. En voyant les habitants du village se satisfaire du minimum, je me suis posé régulièrement la question: «Combien me faut-il pour être heureux?»

«Je ne m’attendais pas à ce choc-là en arrivant en Afrique, nous confie l’auteur. Être à côté des gens, c’est toujours différent, de voir la pauvreté et de voir comment ces gens-là sont heureux. Je pensais à tout ce que j’avais, maison, eau courante, un salaire… ils n’ont pas ça et ils ont du plaisir pareil. Ça été très questionnant de voir ça. »

 

Ce qui a marqué le plus Jean Chapleau est la faculté qu’ont les Camerounais qu’il a rencontrés «à vivre et être heureux avec si peu de commodité. Ce sont des gens sympathiques, accueillants et chaleureux. Ils sont très solidaires!»

 

Depuis son retour, Jean Chapleau se questionne encore : «comment nous, ici, au Québec, on chiale avec tout ce qu’on a. Depuis, je regarde des gens arroser leur entrée, laisser la lumière allumée… Je me dis qu’on n’est pas conscient de tout ce qu’on a!» Il confie d’ailleurs être maintenant très attentif à sa consommation.

Depuis son retour, il a le sentiment qu’une partie de lui est devenue «africaine». « II est maintenant impossible de sortir l’Afrique de moi …» Il est d’ailleurs prêt à repartir !

L’autre réalité

Ce séjour de neuf semaines, un stage pour les étudiants du Cégep de Saint-Jérôme, avait pour objectif d’aller dans les écoles, dans un petit village, et de «montrer une autre façon d’intervenir en classe avec les jeunes en difficulté, et présenter ce qu’était le rôle d’un éducateur spécialisé. » En février 2012, 14 Québécois soit 11 stagiaires (10 filles et 1 garçon), Jean Chapleau plus un autre professeur du Cégep de Saint-Jérôme, Mario Léveillé, celui qui a initié le projet, atterrissaient à Douala, première étape de leur séjour au Cameroun.

Déjà, à Douala, ils pouvaient prendre la mesure de leur nouvelle réalité. Chaleur humide, cacophonie, saletés, pollution, circulation anarchique, surprenants moyens de transport enfin « la désorganisation organisée! » que le groupe apprivoisera peu à peu.

Pour Jean Chapleau ce stage fut un succès. «On a été bien reçu, et 3/4 des professeurs ont décidé d’embarquer dans notre façon de faire », nous dit-il rappelant que, souvent, là-bas, les enfants sont fouettés dans les classes. L’auteur n’avait pas pour objectif d’écrire un livre quand il est parti. Mais, comme chacun des membres du groupe, lorsqu’il avait du temps libre, il écrivait : « je résumais ma journée. Quand je suis arrivé, ici j’en ai parlé à des gens qui m’ont suggéré d’écrire un livre sur mon expérience.»

Professeur à la retraite du Cégep St-Jérôme depuis janvier 2012 où il enseignait en Technique d’éducation spécialisée depuis 21 ans Jean Chapleau s’est impliqué depuis son retour du Cameroun au Coffret, organisme qui vient en aide aux personnes immigrées à Saint-Jérôme.

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