Samedi dernier à l’église de Notre-Dame-de-Pontmain

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Da Costa flamboyant

Par Lpbw

Par Benoit Ricard (collaboration spéciale). Le chemin qui mène au Festival classique des Hautes-Laurentides est à chaque fois surprenant. Samedi dernier, il pointait en direction de l’église de Notre-Dame-de-Pontmain pour l’un des concerts phares de la saison 2014 : « Da Costa : Tout feu, tout flamme », un programme monumental.

Le temps que la foule se glisse dans le concert de samedi dernier, les yeux encore émus par une si belle fin de journée dans la baie de Notre-Dame-de-Pontmain, Da Costa, de son côté, arrivait comme une tonne de briques, virtuose, déchaîné, mature et prêt à exploiter toutes les éclisses de son violon presque trois fois centenaire.

Tenter le diable

Un défi amical entre musiciens est à l’origine du concept « Da Costa : Tout feu, tout flamme ». Prouver que le violon est un instrument masculin et viril en était l’objectif : « Avec ce concert, je me fais plaisir en jouant des pièces romantiques et très extériorisées. Vous êtes mes témoins et vous devrez convaincre, comme je le souhaite, que le violon peut être macho », explique Da Costa avec le sourire en coin en début de concert. Allons donc voir si la musique a un genre question de faire honneur à de si beaux concerts tout juste au bas de nos portes.

Chaconne de Vitali était le premier morceau à avaler suivi de Prokofiev et de ses tableaux pour Roméo et Juliette. De la vitesse, de la force, du muscle, de la fougue et de la dextérité, avec tout ce drame et cette romance compressés en si peu d’espace, Da Costa souligne les grands traits de la masculinité dès le départ en prenant bien soin de laisser planer l’ambiguïté des genres. Le langoureux tango « Por Una Cabesa » de Carlos Gardel maintenant scotché de l’image d’Al Pacino dans « Scent of a Woman » avait de quoi faire perdre la vue. Faisant chavirer tous les feux de l’enfer, la première partie du concert aura été conclue par les danses roumaines de Bartok. Pour ce qui est de la masculinité du violon, nous dérivions tranquillement mais sûrement en dehors des stéréotypes.

L’homme Da Costa

Ce n’est qu’après avoir laissé tomber les tergiversations sur les genres que l’on arrive à toucher à la définition de l’homme chez Da Costa. Parti d’un « big-bang », le jeune violoniste de réputation internationale passera de son enfance prodigieuse à l’élan de l’adolescence par des cadences plus chevaleresques et militaires. Soulignant la passion des premiers amours, l’homme Da Costa en quête d’aventures explorera les sentiers tordus de la musique d’Europe de l’Est. Avec Brahms, délicat quoiqu’inébranlable, de la maturité de l’homme émergera la conscience des siècles, de l’amour inconditionnel et des galaxies. Du statut d’apprenti et de jeune prodige, Da Costa traverse du côté des grands maîtres capables de nous leurrer pour faire émerger l’image derrière le tableau.

À la dernière note, suspendue dans un silence qui parût une éternité, la foule laissa échapper un long soupir, éblouie par tant de prouesses du violoniste et de sa pianiste Janie Caron. Enfin, nous étions arrivés au Festival classique des Hautes-Laurentides. Classé par le journal La Presse dans le top 5 des meilleurs festivals de musique classique de la province, le travail acharné de l’équipe de Da Costa, de Martine Cardinal, de leur conseil d’administration et de leurs bénévoles est au bas mot une perle pour notre région.

Pour emprunter les autres sentiers menant à la musique, dix autres concerts vous attendent éparpillés dans ce que les Laurentides ont de plus beau.

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