Denis Rodier sera au Festival de la BD de Prévost, les 13 et 14 août. (Photo: Courtoisie)
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Entrevue avec Denis Rodier

Par Simon Cordeau

Pour souligner le 10e anniversaire du Festival de la BD de Prévost (FBDP), des expositions spéciales seront présentées au parc des Clos, à la gare de Prévost et au Centre récréatif du lac Écho. Elles mettront de l’avant les artistes Julien Paré-Sorel, Patrick Boutin-Gagné et Denis Rodier. « Ce sont des portraits relativement biographiques d’artistes d’ici, pour faire connaître les gens derrière les bandes dessinées », explique M. Rodier en entrevue.

En plus de l’exposition et de sa présence au festival, Denis Rodier donnera une entrevue devant public dimanche, 14 août, à 11h00. « Là, on va pouvoir aller un peu plus en profondeur. Je fais confiance à Jean-Dominic Leduc [qui mènera l’entrevue]. Il connaît son sujet, et c’est l’fun d’avoir quelqu’un qui peut engager la conversation. Dans le cas du festival, c’est certain qu’on parle à des gens déjà intéressés. Ils sont là pour une raison, donc ça permet des opportunités de dialoguer. »

Influences

Natif de Nominingue et résident de Rivière-Rouge, Denis Rodier a une longue carrière, de ses années à dessiner Superman pour DC Comics jusqu’à La Bombe, roman graphique sur l’invention de la bombe atomique.

Comme plusieurs, il s’intéresse à la bande dessinée dès sa jeunesse. « Dans mon cas, il y a quelques coups de foudre bien évidents. » Il y a d’abord les Marvel, dessinés à l’époque par Jack Kirby : des histoires de science-fiction et de superhéros.

Puis il nomme Hugo Pratt, dessinateur de la série Corto Maltese : un classique de la bande dessinée européenne. « C’était de l’aventure avec un sens de la poésie vraiment intéressant, même pour le jeune que j’étais. »

Il y avait aussi Jean Giraud, alias Moebius, et les westerns du lieutenant Blueberry. « C’était la belle époque où le western se réinventait, grâce à Sergio Leone. Il y avait une tendance à philosopher sur le rôle du héros et de l’anti-héros, à la fin des années 1960 et au début des années 1970 », raconte-il.

Des comics américains à l’histoire

Plusieurs jeunes dessinateurs qui veulent percer chez les géants américains approchent M. Rodier pour ses conseils. « Il y a des gens qui me présentent un dessin de Batman. Mais un dessin, ce n’est pas de la bande dessinée. Il faut apprendre à raconter une histoire. Le dessin est presque facultatif. Je dis bien presque! », explique l’illustrateur.

Pour lui, c’est d’abord l’histoire racontée qui compte, qui l’accroche, comme dessinateur mais aussi comme lecteur. « Depuis que j’ai arrêté de faire de la BD américaine, j’ai arrêté d’en lire. J’ai atteint un point de saturation. Aux États-Unis, on est beaucoup dans un système où on utilise et réutilise les mêmes personnages. Après avoir dessiné Superman pendant presque 10 ans, j’ai l’impression d’avoir déjà vécu ces choses-là. […] Je n’ai jamais eu de grand attachement nostalgique à un personnage plutôt qu’à un autre. Il y a tellement d’autres choses à raconter que je trouve maintenant le genre du superhéros limitatif », confie-t-il.

Après La Bombe, M. Rodier travaille sur un nouveau projet établit durant la Seconde Guerre mondiale, une fiction cette fois-ci. « On m’a proposé un scénario extraordinaire. On avait assigné deux caméras aux caméramans du parti nazi. Ils avaient des contrats pour filmer telle ou telle chose, pour faire de la propagande. Et on découvre que la plupart avaient une troisième caméra, qu’ils gardaient secrètes. Aux procès de Nuremberg, on cherche cette troisième caméra. »

Le Festival de la BD de Prévost se tiendra les 13 et 14 août, à l’école du Champ-Fleuri. Plus d’une trentaine d’illustrateurs et d’auteurs de bande dessinée seront présents pour discuter avec le public. Des dessins en direct, des conférences, des duels « Sans-dessin » entre artistes et des entrevues animeront aussi les festivités.

Pour tout savoir : fbdp.ca

Les recommandations de Denis Rodier

Pour un public adulte :

  • Habibi, de Craig Thompson
  • Bandonéon, de Jorge Gonzàlez

Un bédéiste québécois à découvrir :

  • Jean-Paul Eid, que tout le monde commence à reconnaître à sa juste valeur;
  • Jacques Lamontagne, avec Wild West. On est vraiment dans le western grand public;
  • Patrick Boutin-Gagné bien sûr, qui commence à faire feu de tout bois et à prendre sa place dans la bande dessinée. Il est un peu plus grand public que Jean-Paul Eid;
  • Julien Paré-Sorel, pour la BD jeunesse avec Aventurosaure;
  • Tristan Roulot, avec qui j’ai travaillé sur Arale. Sa série Le Convoyeur aussi est excellente;
  • Mikaël et sa série Giant, pour un public adulte;
  • Et tous nos amis qui viennent nous rejoindre au Festival BD de Prévost!

Quelque chose d’éclaté :

  • Ce qui peut être déroutant pour certains peut être évident pour d’autres. Moi, j’ai toujours eu un faible pour le travail du britannique Dave McKean. Il travaille beaucoup avec Photoshop, beaucoup de collages photo. Je recommande Black Dog. Là, on est un peu plus dans la peinture, mais aussi avec des collages.

Un truc pour explorer la BD :

  • Je recommande de se trouver un libraire en qui on a confiance et d’établir une relation avec lui. Ça fait en sorte qu’il peut vous trouver un petit truc que vous aimerez, après avoir lu ceci ou cela. Il y a Imagine à Prévost, qui est plus spécialisé en comics américains, et la librairie Le Sentier à Sainte-Adèle, qui a une belle sélection jeunesse.

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