Le laboratoire de recherche est dirigé par la professeure-chercheuse en travail social, Isabelle Marchand.
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Un laboratoire de recherche sur le vieillissement dans les Laurentides

Par Ève Ménard

Le lundi 17 octobre, l’Université du Québec en Outaouais (UQO), Campus de Saint-Jérôme, a lancé le laboratoire de recherche et d’innovation sociale Mieux soutenir pour bien vieillir.

Dirigés par la professeure-chercheuse en travail social à l’UQO, Isabelle Marchand, les travaux du laboratoire permettront de mieux comprendre les besoins des personnes aînées, d’élaborer et d’expérimenter des solutions qui favoriseront le vieillir chez soi, dans sa communauté, le plus longtemps possible.

Le projet s’échelonne d’abord sur trois ans, de concert avec le CISSS des Laurentides. Il priorise une démarche collaborative continue et souhaite faire du vieillissement un enjeu de société prioritaire. Le laboratoire réunit une vingtaine de partenaires locaux et régionaux, lesquels étaient majoritairement présents lors du lancement du laboratoire, en présence ou en virtuel.

Vieillir en communauté

À l’occasion de l’évènement, une activité interactive était proposée : à l’aide d’une application mobile, les participants pouvaient décrire, en trois mots maximum, ce que vieillir dans les Laurentides évoque pour eux. Ce qui revenait le plus souvent? Qualité de vie. Il s’agit d’un axe prioritaire du laboratoire.

L’idée est d’assurer une qualité de vie aux personnes vieillissantes, peu importe la forme qu’elle prend. La stratégie ne consiste pas à maintenir à tout prix les gens à leur domicile, explique Isabelle Marchand, mais plutôt à leur permettre de vieillir dignement dans la communauté, où ils peuvent tisser des liens sociaux et participer à la vie collective.

« Ma famille, par exemple, a fait le choix de partir en résidence. Ils ont vendu leur condo et sont allés en résidence, mais toujours dans leur communauté. Il ne s’agit pas d’un déracinement. De cette manière, tu maintiens ton cercle social, si tu fréquentais des organismes communautaires, tu peux poursuivre tes activités. C’est important la continuité des activités signifiantes », ajoute-t-elle.

Un laboratoire vivant en trois étapes

Mieux soutenir pour bien vieillir est un laboratoire vivant, dans lequel on favorise l’apprentissage, la création et l’engagement collectif. Ce genre de laboratoire s’éloigne d’un mode de recherche plus « classique », souligne Isabelle Marchand. On n’est pas uniquement dans la collecte et la présentation de données, mais aussi dans l’expérimentation : on veut tester des solutions à des enjeux complexes.

Les premières années de recherche se découpent en trois étapes et se concentrent sur deux territoires pilotes, soient ceux d’Argenteuil et d’Antoine-Labelle. D’abord, la collecte de données, sous forme probable de groupe d’écoute avec les aînés, de questionnaires ou d’entrevues avec des gestionnaires et directeurs d’organismes, permettra d’identifier les besoins des personnes aînées. Ensuite, on procédera à un diagnostic des deux territoires pour connaître ce qui existe déjà en matière de services et d’initiatives. Enfin, la dernière étape consistera à élaborer et à expérimenter des stratégies innovantes permettant de vieillir chez soi, dans sa communauté.

Comme pratique innovante, Isabelle Marchand donne l’exemple de l’organisme Prévoyance Aînés Laurentides. Dans quatre MRC de la région, celui-ci a formé des centaines de « sentinelles », surnommées Les Éclaireurs. Ces derniers sont sensibilisés à reconnaître les signes de vulnérabilité et repèrent plus facilement les aînés en perte d’autonomie et à risque d’abus. Il peut s’agir d’employés municipaux, de coiffeuses, de personnes oeuvrant dans les commerces de proximité, etc. L’idée est donc de répertorier ce genre de pratique innovante, et d’ensuite bonifier cette offre et d’innover en la matière.

Une référence au Québec

La population vieillit rapidement au Québec et dans les Laurentides. Avec ce nouveau laboratoire, la région souhaite développer une expertise pertinente à l’ensemble de la province.

« Je suis sûre que ce laboratoire permettra aux chercheurs de l’UQO et aux intervenants et intervenantes de la région de se démarquer dans ce créneau d’expertise. Il permettra d’accroître notre capacité d’innovation collective pour mieux répondre aux besoins de nos aînés qui désirent vieillir chez eux, pour trouver des solutions structures et durables favorisant leur bien-être », a affirmé la rectrice de l’université, Murielle Laberge, lors du lancement du 17 octobre.

On vise l’innovation, l’intelligence collective, le rayonnement, le transfert de connaissances et la pérennité du projet. Le laboratoire est d’une première durée de trois ans. Mais sa directrice, Isabelle Marchand, a déjà des plans pour assurer sa continuité et accueillir de nouvelles initiatives.

En chiffres

La population est vieillissante dans les Laurentides. Entre 1986 et 2016, la proportion de personnes âgées de 65 ans et plus et résidant dans la région a doublé. Depuis 2011, la proportion d’aînés dans les Laurentides croît plus rapidement que dans le reste de la province. En 2021, 20 % de la population était constituée de personnes âgées de 65 ans et plus. Selon les projections, ce pourcentage atteindra 27 % en 2031. Notons qu’actuellement, plus de 25 % des populations d’Antoine- Labelle et d’Argenteuil, les deux MRC à l’étude, sont âgées de 65 ans et plus.

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