(Photo : Nordy)
L'église au centre du village de Saint-Sauveur.
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Optimisme pour la relance

Par Simon Cordeau

Le printemps est là. Presque toutes les mesures sanitaires sont levées. L’industrie touristique des Laurentides est optimiste pour la prochaine saison estivale, selon Maurice Couture, directeur du Créneau d’excellence Tourisme de villégiature quatre saisons.

« Les entreprises nous ont vraiment épatés par leur résilience. Elles ont eu à se retourner sur un 10 sous pour appliquer les mesures sanitaires. Elles ont fait preuve d’une grande adaptabilité », félicite M. Couture. Il souligne cependant que la pandémie a été plus difficile pour certains secteurs touristiques. « Les établissements d’hébergement qui recevaient des groupes, comme des mariages et des congrès, ont été touchés plus directement. »

Cependant, la pandémie n’a pas eu que des effets négatifs sur le tourisme dans la région. « Les gens avaient grand besoin d’aller en plein air. Les parcs et les sentiers ont eu une fréquentation assez intéressante. Pour le P’tit Train du Nord, je crois que c’était une année record. »

Retour à la normale?

Le gouvernement québécois a levé pratiquement toutes les mesures sanitaires. « Tout le monde espère que cette fois, c’est la bonne. On semble se diriger vers une réelle réouverture et une relance des activités touristiques », se réjouit M. Couture.

À partir du 1er avril, il ne sera plus nécessaire de fournir un test COVID négatif pour entrer au pays.

« Pour les Laurentides, c’est drôlement important. Les touristes hors Québec, comme les Ontariens, les Américains et les Européens, sont vraiment ceux qui font des séjours de plus de 24 heures. Ils représentent 25 à 30 % des recettes par année. »

Le retour des touristes étrangers dans la région est donc capital pour la relance. Surtout, les Laurentides sont historiquement la troisième région en importance pour ces touristes, après Montréal et Québec, précise M. Couture.

Il faudra toutefois être patient avant de revenir aux chiffres d’avant la pandémie, prévient-il. « L’année 2019 était une année record, pour le Québec et pour les Laurentides. On n’y reviendra pas en une année. »

Défis à venir

Il y a cependant quelques défis à l’horizon, dont la pénurie de main-d’oeuvre. L’industrie touristique a été particulièrement touchée par les fermetures répétées. Devant l’incertitude, beaucoup d’employés en restauration ou en hôtellerie ont migré vers d’autres domaines.

« Le recrutement et la rétention du personnel sont des défis majeurs. Mais c’est aussi le cas dans toutes les régions du Québec, au Canada, aux États-Unis et même en Europe. Et ce n’est pas seulement le tourisme : tous les secteurs économiques sont touchés. […] C’est une nouvelle réalité, et il faudra être très innovants pour y faire face. »

La pandémie a accéléré le virage numérique de plusieurs entreprises. M. Couture donne l’exemple de l’hôtellerie, où plusieurs tâches sont déjà automatisées, comme les arrivées et les départs sans contact. Les restaurateurs, quant à eux, ont modifié leurs horaires. « Ils ne sont plus ouverts sept jours par semaine, pour le dîner et pour le souper », illustre M. Couture, un phénomène qu’il a aussi remarqué ailleurs dans le monde en voyageant.

« À l’échelle de la région, on a travaillé notre image d’industrie. En tourisme, il y a un cadre de vie attrayant qu’on peut offrir pour attirer la main-d’oeuvre. » M. Couture indique que beaucoup d’efforts sont actuellement déployés pour pallier le manque de personnel. « Il n’y a pas de solution miracle, mais plein de mesures qu’il faudra mettre en place. »

L’inflation, cependant, est moins préoccupante. Comme elle est mondiale elle aussi, elle ne rend pas les Laurentides moins concurrentielles. « C’est sûr que les visiteurs vont ajuster leurs dépenses. Mais on a l’avantage de la valeur perçue. L’offre des Laurentides est vue comme étant de qualité, donc les gens n’ont pas l’impression qu’ils se font avoir. » Offrir davantage de forfaits pourrait aussi être une façon de mitiger l’inflation, selon Maurice Couture.

Autrement, il est optimiste pour la prochaine saison. « Les gens sentent que c’est un vrai printemps. Ils vont se mobiliser et être prêts pour la prochaine saison estivale, qui risque d’avoir moins de contraintes. » Il espère, surtout, qu’on aura du beau temps.

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