| Par Charlier Mercier

Une maison des jeunes à Prévost?

Une initiative citoyenne est en branle afin d’implanter une maison des jeunes à Prévost. Pour l’occasion, le Journal a visité deux maisons des jeunes, à Saint-Jérôme et à Saint-Sauveur, lesquels interviennent auprès des jeunes de 11 à 17 ans. Premier reportage d’une série de deux.

Depuis le 25 septembre dernier, la Prévostoise Sylvie Sénéchal invite les gens de sa communauté à devenir bénévoles pour mettre sur pied une maison des jeunes dans le secteur du Domaine Laurentien, à Prévost.

« Ensemble, nous pourrons offrir un lieu de rencontre structurant et sécuritaire aux jeunes de 11 à 17 ans du secteur », écrit Mme Sénéchal dans une publication sur les réseaux sociaux. Rejointe au téléphone, elle indique que déjà une dizaine de bénévoles se montrent intéressés.

L’organisme à but non lucratif demandera du financement auprès des organismes gouvernementaux et privés et serait appuyé par le Regroupement des maisons des jeunes du Québec (RMJQ).

Contactée deux jours avant le lancement de l’initiative citoyenne, la Ville de Prévost a indiqué qu’elle « est consciente de l’évolution démographique de sa population et des besoins inhérents aux jeunes » et qu’« elle travaille activement à fournir à ces derniers des infrastructures et des services de qualité ». À court terme, cependant, l’implantation d’une maison des jeunes n’est pas prévue, « faute d’espace ».

Du côté de Saint-Jérôme

Yannick Asselin est directeur de la Maison des Jeunes L’Avenue 12-17, située dans le quartier de Bellefeuille, à Saint-Jérôme. C’est lui qui a ouvert la maison en 2000.

Le centre, ouvert du jeudi au dimanche, accueille une quinzaine de jeunes par jour et est situé en plein coeur du parc de la Source, où se trouvent des terrains de soccer, de tennis et de basketball.

À l’intérieur de la « maison », on retrouve une salle avec des jeux vidéo et des divans et une autre avec des écrans d’ordinateur. La salle de jeu inclut quant à elle des tables de hockey, de ping-pong et de soccer. C’est la salle principale, là où plusieurs activités de groupe se déroulent, comme les séances de yoga, des soirées de jeux de société ou les débats d’opinion où les jeunes sont invités à partager leur avis sur un sujet donné.

Tristan dit venir à la maison pour « chiller » avec ses amis, jouer au tennis de table et aux jeux vidéo. Rémi aime quant à lui prendre part aux débats d’idée. « Ça fait réfléchir. On aime ça être ici », dit-il. « Quand on n’a rien à faire, on vient ici », complète Brian.

Écoute et prévention

Lorsque les jeunes sont plus à l’aise avec les intervenantes, il arrive qu’un ou deux d’entre eux viennent les voir pour se confier, raconte Alicia, une intervenante âgée de 21 ans qui étudie en travail social.

« On veut faire de la prévention sans que ça paraisse trop », dit M. Asselin.

Il y a deux semaines, Alicia et Bessanie, intervenantes, ont trouvé les jeunes en train d’écouter 365 jours, un film que plusieurs ont dénoncé pour son incitation à la culture du viol. Après que les intervenantes aient arrêté le film, elles ont saisi l’occasion pour aborder la question du consentement.

La salle d’ordinateur de la Maison des Jeunes L’Avenue 12-17 est un lieu apprécié des jeunes de Bellefeuille.

Même si ce genre de sujet fait fuir certains jeunes, les intervenantes trouvent des stratégies pour leur parler, notamment en rassemblant les jeunes autour de nourriture, comme des beignets. C’est l’occasion d’avoir des discussions sur l’estime de soi ou des discussions légères, sur l’Halloween par exemple.

« On est de leur côté. On veut les aider dans leurs difficultés », ajoute M. Asselin. Les intervenantes ne sont pas des figures d’autorité comme celles du professeur ou du parent. Elles sont plutôt des accompagnatrices.

Absentéisme parental

Même si Bellefeuille est un quartier assez aisé, il y a un important absentéisme des parents, ce qui a des impacts négatifs dans la vie de leurs enfants, juge M. Asselin.

« Certains font toutes sortes de niaiseries pour avoir notre attention », observe Alicia. Devant la maison, certains jeunes vont parfois « caller » une cannette d’alcool, brisant sciemment l’interdiction. En juillet dernier, des jeunes ont même cassé des fenêtres du centre.

« Je ne vois jamais les jeunes comme des délinquants malgré les actes de quelquesuns », dit Alicia. S’ils font du grabuge, ce n’est pas parce que les jeunes en sont fiers, croit-elle. Ils cherchent plutôt à attirer l’attention, à avoir l’approbation de leur pair ou à gagner de la confiance en eux-mêmes.

« Je vois l’évolution des jeunes qui viennent ici. Plusieurs qui s’en allaient dans le “mauvais chemin” se sont trouvé des passions », souligne Alicia.

Lisez la suite de notre reportage la semaine prochaine.

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