Line Chaloux
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Une intégration étape par étape

Par lpbw

SAINT-JÉRÔME. Une première famille de Syriens arrivait à Saint-Jérôme le 20 janvier dernier. Actuellement, le Centre d’orientation et de formation pour favoriser les relations ethniques traditionnelles (COFFRET) a accueilli sept familles, soit 38 personnes. L’organisme devrait recevoir en tout 300 Syriens, sur une période de cinq ans.

«Quand ils arrivent, on les accueille quelques jours à l’hôtel, nous explique la directrice du COFFRET, Line Chaloux. Notre première tâche est de les rentrer dans le système (cartes d’assurance maladie, numéros d’assurance sociale, compte de banque, etc.). Après, quand ils reçoivent leurs cartes, on peut faire d’autres demandes, comme l’allocation familiale où inscrire les enfants à l’école. Ça prend des preuves de résidences pour ces étapes -là.»  Dans les faits, ça prend environ un  mois pour faire ces démarches. Mme Chaloux mentionne aussi que ça peut prendre environ deux mois avant qu’ils reçoivent, entre autres, leurs cartes de résidents permanents. «Le défi, quand on reçoit un nouveau groupe ethnique, c’est de s’adapter à eux pour qu’ils puissent s’intégrer le plus rapidement possible, de comprendre quels sont les obstacles qu’ils vont rencontrer»,  nous confie-t-elle.

Le processus

Les réfugiés sont pris en charge par l’État. Ils doivent rester à Saint-Jérôme, car le COFFRET est responsable d’eux pendant cinq  ans, pour les divers suivis, mais aussi pour s’assurer, par exemple, que ceux qui ont des traumatismes vont être pris en charge par des ressources adéquates. De plus, c’est le CLSC de Saint-Jérôme qui a en charge la clinique de santé pour les réfugiés. Ces derniers doivent faire un bilan dès leur arrivée.

En ce qui concerne l’aide financière, le gouvernement fédéral fait des transferts, chaque année, dans le fonds consolidé du gouvernement québécois (ministère de l’Immigration). L’argent est réparti en éducation (pour les cours de français), en santé, à l’aide sociale. «Au Québec, le gouvernement a décidé non pas de mettre sur pied une autre structure, mais de mettre l’argent dans les centres locaux d’emploi, dans l’aide sociale, et c’est par le même volet que tous les autres Québécois que les réfugiés reçoivent des allocations, le même montant qu’eux.»

Endettés

La directrice mentionne que les réfugiés arrivent tous avec une grosse dette. En effet, le gouvernement canadien va prêter de l’argent pour leur bilan de santé avant qu’ils partent, l’analyse de sécurité, l’ouverture des dossiers et les billets d’avion pour chacun.  «Pour une famille avec 6 enfants, ça peut atteindre 15 000 $.  Ils arrivent ici dans une situation de précarité et de pauvreté extrême.  Il faut qu’ils remettent l’argent au gouvernement très rapidement. Une fois installés, on fait la grille budgétaire avec eux et l’on évalue combien d’argent ils peuvent remettre par mois et c’est nous qui négocions avec Revenu Canada  pour signer l’entente de remboursement.»  

Une centaine de réfugiés s’installent dans la région par année en plus d’une centaine d’immigrants indépendants et gens d’affaires.

La francisation,  une étape essentielle

En ce moment les Syriens qui sont arrivés sont en francisation, une activité d’employabilité prise en charge par le Cégep de Saint-Jérôme.

«C’est très important. S’ils ne le font pas, ils vont rester dans des emplois très précaires parce qu’ils ne parlent pas français, ne peuvent pas suivre les consignes, ne peuvent pas créer de liens avec les collègues de travail  ni remplir les documents», explique la directrice de l’organisme le COFFRET, Line Chaloux.

Cet été, au mois d’août, les jeunes suivront trois semaines de cours de francisation, à temps plein, à l’école Saint-Joseph, pour s’assurer qu’en septembre ils soient prêts à rentrer à l’école.  C’est la Commission scolaire de la Rivière-du-Nord qui paye un professeur de français et des accompagnateurs.

Jumelage

Par ailleurs, «du côté du  jumelage ça va super bien, toutes les familles sont jumelées. On demande aux familles de jumelage de s’engager pour 6 mois pour les accompagner», affirme  la directrice du COFFRET ajoutant que l’organisme est toujours à la recherche de personnes intéressées à soutenir ces familles.

Le COFFRET, qui vient d’être reconnu organisme de parrainage, est à la recherche d’interprètes qui parlent syrien, swahili, Kirundi et espagnol. Info au http://lecoffret.ca/

Engagements provinciaux

Le Québec s’est engagé à accueillir 3650 réfugiés syriens en 2015 et tout autant en 2016. Au 6 mars 2016, le Québec avait accueilli 5307 personnes réfugiées syriennes, dont 3488 adultes et 1819 enfants.

 

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