(Photo : Emmanuel Monette)
L’ancienne flotte de tracteurs d’Emmanuel Monette devenait difficile à réparer avec la rareté de pièces.
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Un déneigeur de renommée jette l’éponge

Par Luc Robert

 La tempête parfaite qui sévit depuis quelques années dans le domaine du déneigement a eu raison des efforts d’Emmanuel Monette, qui a préféré retirer presque toutes ses billes du milieu, avant d’y laisser sa peau et sa santé financière.

Avec ses quelque 1 450 contrats de déneigement, il a été un des acteurs principaux des hivers prévostois depuis 11 ans.

« J’ai commencé à 19 ans et j’en ai maintenant 42. Au début comme chauffeur pour les autres, ensuite à gérer ma propre entreprise. J’ai toujours su m’ajuster aux aléas de ce milieu particulier. Mais quand tu as perdu 110 000 $ dans les quatre dernières années, tu révises tes positions. À la fin du dernier hiver, ce sont près de 300 clients qui n’ont pu régler leur facture de déneigement au complet. Plusieurs sont encore en souffrance. À un moment donné, tu ne peux pas financer tout le monde : tu n’es pas la Banque du Canada », a confié M. Monette.

Dans une vidéo sur Facebook rendue virale, il a expliqué préférer garder seulement une trentaine de cours commerciales, mais se délester du reste.

« Mes contrats saisonniers finissaient en avril 2022. J’ai averti le monde à l’avance que je cessais mes opérations de déneigement résidentiel en 2022-2023, et ce dès le 25 août, via une capsule vidéo. Je prends une pose de ce milieu ingrat et vraiment difficile, pour le bien-être de ma famille et de moi-même. Merci à ceux qui m’ont fait confiance », a poursuivi le proriétaire d’Entretien paysager ALM inc.

En 2021-2022, 9 de ses 14 tracteurs ont poursuivi la tâche, au gré des vents de poudrerie. 

« Avec la pénurie de main-d’œuvre, nos chauffeurs ont dû faire des heures de fou, mais les entrées de cours étaient dégagées quand même. La rareté de pièces de rechange a aussi joué un rôle. Et quand tu te présentes chez un concessionnaire pour obtenir un tracteur neuf d’urgence pour en remplacer un, il n’y en a pas de dispo avant mars de l’année suivante… quand la saison hivernale tire à sa fin. »

Collusion ?

M. Monette a eu la chance de trouver un entrepreneur honnête, qui a repris un bon nombre de ses secteurs de déneigement.

« J’ai redirigé le plus de clients possibles vers un déneigeur reconnu. Il offre en plus un service de géolocalisation de ses tracteurs. Mais les gens s’y prennent tardivement (pour renouveler) et m’appellent encore pour dire que je les abandonne. J’ai averti à l’avance. On ne peut pas non plus répartir 1 450 entrées de cour en claquant des doigts. »

Ces dernières semaines, les histoires de fraudeurs se faisant passer pour des déneigeurs ont foisonné dans les Basses-Laurentides. Ces situations retombent souvent sur les déneigeurs sérieux, qui persistent dans le milieu.

« Faites vos recherches avant de vous engager. Il y a des arnaqueurs qui passent pour des réguliers et disparaissent. Et les hausses de frais, qui ont forcé les vrais déneigeurs à augmenter leur prix, les font mal paraître. »

« Toutefois, a-t-il ajouté, la majorité des augmentations sont justifiées. Sauf qu’au risque d’être encore perçu comme le mouton noir, je me suis toujours tenu loin de certains déneigeurs. Les réunions pour établir des territoires et maintenir les prix, je ne veux rien savoir de ça. Et oui, ce n’est plus juste à Montréal ou à Laval qu’on entend ces histoires de collusion. Mais dans mon cas, les autres disaient : bon, encore Monette qui prend une cour dans mon territoire. J’ai toujours été juste avec mes clients et je laisse les combines aux autres », a-t-il achevé.

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