(Photo : Davy Lopez - Nordy)
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Stationnement et travaux au centre-ville : Saint-Jérôme en phase d’ajustement

Par Alexane Taillon-Thiffeault

Les commerçants du centre-ville de Saint-Jérôme composent avec un double casse-tête : les nouvelles bornes de stationnement et le chantier de Syscomax pour le projet Liria Saint-Jérôme. Pendant que la Ville promet des ajustements, certains commerçants et organismes disent sentir la pression sur leur achalandage.

Au cœur de la rue Labelle, chez Deux Gars dans l’Pétrin, Lionel Ducreau voit la situation se jouer chaque jour. Son commerce repose généralement sur des arrêts rapides : on entre, on achète du pain, on ressort. Mais plusieurs problématiques liées au stationnement se ressentent dans son quotidien.

Plusieurs défis

Avec les bornes offrant 30 minutes gratuites, l’objectif de la Ville était justement de favoriser l’accès au stationnement. Mais dans les faits, explique le commerçant, « c’est assez compliqué pour acheter une baguette et trois croissants ». Même gratuite, la demi-heure oblige à enregistrer sa plaque d’immatriculation. Pour une clientèle plus âgée, l’application n’est pas toujours évidente à comprendre.

Il soulève aussi un problème de fond : « Ça n’empêche pas une voiture de rester huit heures et de payer seulement 7 h 30. » Résultat, certaines places stratégiques devant son commerce restent occupées toute la journée.

Lionel Ducreau ne rejette pas complètement le principe. « Les parcomètres, c’est un mal nécessaire », reconnaît-il, en évoquant la présence du cégep, de l’université et des travailleurs du secteur. Mais selon lui, le système actuel pourrait être mieux adapté pour les commerces de proximité.

Céline Roussel a installé des affiches devant La Clé du Plaisir pour indiquer aux client.es qu’un stationnement gratuit se trouvait à l’arrière de son commerce.

Pour Céline Roussel, propriétaire de la boutique La Clé du Plaisir, le chantier n’est pas de tout repos non plus. Un mur défoncé, du bruit qui donne des maux de tête, un stationnement difficilement visible, les problèmes s’accumulent rapidement. Toutefois, sa clientèle fidèle fait que les impacts sont moins grands.

Le chantier ajoute à la pression

À ces irritants s’ajoute le chantier de Syscomax pour la construction du Liria Saint-Jérôme, un immeuble multirésidentiel de 10 étages qui remplace l’ancien bâtiment du Tigre Géant au centre-ville. En 2027, l’édifice devrait accueillir 166 logements locatifs et aura deux niveaux de stationnement souterrains et des commerces au rez-de-chaussée. Le projet inclut aussi des espaces communs comme une piscine intérieure, un gym et un lounge.

Mais pour la réalisation du projet, des zones de sécurité ont retiré temporairement des cases de stationnement, et la circulation sur Labelle est parfois plus lourde, particulièrement à l’heure de pointe.

« Je ne veux pas vous empêcher de travailler, mais s’il vous plaît, ne m’empêchez pas de vivre non plus », lance le commerçant. Il affirme avoir dû réduire des heures au service à la clientèle. Celui-ci reconnaît toutefois, comme pour Mme Roussel, que des ajustements ont été faits après discussions avec le promoteur, notamment pour améliorer la circulation. « Ils ont été très proactifs », dit-il.

La Ville promet des ajustements

De son côté, le maire Rémi Barbeau affirme que la situation est déjà en révision. La Ville a rencontré l’association des commerçants et récolte actuellement des données sur l’utilisation du stationnement. « L’objectif, c’est que les gens fassent des rotations de véhicules dans la rue. On ne veut pas que les gens passent leur journée là », explique-t-il. Il rappelle que la première année sert aussi de période d’apprentissage. « On le vit, et on va faire les correctifs nécessaires. »

Concernant le chantier, il souligne que des espaces sont réservés ailleurs pour les travailleurs afin de limiter l’occupation des rues commerciales. Les zones fermées, dit-il, répondent aux normes de sécurité.

Sur la possibilité de compensations financières pour les commerçants, aucune mesure n’est prévue pour l’instant. Pour le maire, le principal enjeu demeure la communication. « On ne peut jamais trop communiquer », affirme-t-il, en évoquant une campagne de signalisation et de sensibilisation pour mieux faire connaître les stationnements disponibles.

Il insiste aussi sur l’accessibilité. « Il n’y a aucun commerce actuellement inaccessible », soutient-il, rappelant que plusieurs stationnements sont sous-utilisés. À plus long terme, le maire voit dans les nouveaux projets résidentiels une occasion de revitalisation. Les immeubles en construction amèneront des « centaines de ménages au centre-ville », conclut-il.

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