Santé et services sociaux : les Laurentides ne veulent plus attendre
Par France Poirier
Selon le Front commun, la région des Laurentides a accumulé un retard important, les sommes consacrées au financement des services et des infrastructures en santé et services sociaux n’ayant pas suivi la croissance démographique « fulgurante » des 30 dernières années.
« Nous connaissons un sous-financement chronique, qui prive chaque année le réseau de centaines de millions de dollars », a déclaré Lise Boivin, porte-parole du Regroupement citoyen pour la santé dans les Laurentides (RCSL). « De plus, la réalisation des projets d’agrandissement et de modernisation de trois centres hospitaliers de la région, dont l’Hôpital régional de Saint-Jérôme (HRSJ), est en attente depuis des décennies ».
Au cours des dernières années, le front commun a été créé pour présenter les différentes problématiques en santé et services sociaux. Ainsi, une association de médecins et de professionnel·les; une coalition a regroupé des élu·es et des gens d’affaires; un regroupement de citoyen·nes, de syndicats et de groupes communautaires a vu le jour. « Les actions, les observations sur le terrain et les travaux d’analyse menés par ces divers groupes et intervenant·es, démontrent que le statu quo n’est pas une option viable. Au contraire, nous constatons déjà les impacts négatifs de la dégradation de nos infrastructures sur les environnements de travail et, par conséquent, sur les services à la population », a souligné Chantal Maillé, présidente Conseil central des Laurentides.
Trois motions unanimes de l’Assemblée nationale
À l’Assemblée nationale, les partis politiques adoptaient à l’unanimité en 2021, 2022 et 2023, des motions reconnaissant le bien-fondé pour les Laurentides d’un rattrapage financier en santé et l’accélération des projets de modernisation de trois de ses centres hospitaliers. Marie-Claude Bérubé de l’APTS des Laurentides a souligné que, « malgré cette volonté de l’Assemblée nationale, les projets des centres hospitaliers de Saint-Jérôme, de Mont-Laurier, ainsi que de Saint-Eustache font face à plusieurs reports de leurs échéanciers et attendent toujours de passer à l’étape finale de la construction! »
Consolider le rôle régional de l’Hôpital de Saint-Jérôme
En 2018, la Vérificatrice générale du Québec, dans son rapport annuel à l’Assemblée nationale, confirmait l’urgence de moderniser les blocs opératoires de l’Hôpital de Saint-Jérôme : « Les blocs opératoires, y compris l’espace d’entreposage stérile et l’unité de stérilisation des instruments et du matériel, sont vétustes. Son plan clinique fait état de plusieurs problèmes, notamment des limites du système de ventilation, du manque de continuité entre les unités de soins et des problèmes en lien avec le transport des patients, ce qui représente des risques d’infection », pouvait-on lire dans son rapport.
Un projet qui date d’un quart de siècle
« Depuis 2001, un projet de modernisation du bloc opératoire et des unités de soins intensifs et coronariens est sur la planche à dessin, a mentionné » Julie Mathieu, présidente de la FIQ-SPSL. « Qu’en est-il toutes ces années plus tard? » questionne madame Mathieu. « La situation de l’Hôpital régional de Saint-Jérôme n’est qu’un des symptômes du sous-financement des établissements de santé de notre région », conclut-elle.
« Le bloc opératoire et les unités de soins intensifs et coronariens n’ont reçu aucune amélioration depuis plus de 25 ans. Par conséquent, les lieux physiques de l’hôpital reflètent un état de désuétude et le manque est criant au niveau de l’obtention de nouveaux équipements spécialisés ou ultraspécialisés. Par ailleurs, les patient·es doivent actuellement se rendre régulièrement dans les hôpitaux de Laval et de Montréal afin de recevoir des soins appropriés », soulignait l’Association des médecins et professionnel·les pour l’avancement de l’Hôpital régional de Saint-Jérôme, dans un communiqué de presse, 26 février 2018.
Les attentes du Front commun
Concrétiser les engagements contenus dans les trois motions unanimes votées à l’Assemblée nationale afin de soutenir la région des Laurentides dans le rattrapage financier et l’accélération des projets de modernisation des infrastructures hospitalières;
Passer à l’étape Réalisation « Construction » (cadre du PQI) : du Projet de modernisation de l’Hôpital de Saint-Jérôme Phase 1 (le plateau technique et chirurgical), annonce ministérielle 2018, annonce ministérielle 2019, à l’étape de la planification (PQI) depuis 2021; accuse un retard de plus de 7 ans sur l’échéancier; du Projet de modernisation de l’Hôpital de Mont-Laurier, toujours à l’étape de la Planification;
Corriger les iniquités interrégionales causées par le principe de budgétisation historique, responsable du sous-financement chronique dont souffrent les Laurentides. S’ajuster au phénomène de croissance démographique pour éliminer les écarts de façon durable.
À propos du regroupement
Le Regroupement citoyen pour la santé dans les Laurentides (RCSL) est constitué de membres individuels et membres institutionnels. Parmi les membres institutionnels, il y a des représentant·es des 19 000 employés·es du CISSS Laurentides, soit la FIQ – Syndicat des professionnelles en soins des Laurentides (FIQ-SPSL); l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS), le Conseil central des Laurentides (CSN) et le Regroupement des organismes communautaires (ROC) des Laurentides composé de 160 organismes communautaires autonomes.
Le regroupement citoyen pour la santé dans les Laurentides a formé le Front commun Laurentides en santé et services sociaux, qui préconise une action concertée, ponctuelle et urgente pour faire débloquer leurs revendications en marge du budget du ministre des Finances, Éric Girard.