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Saint-Jérôme veut faire cesser les opérations de la Mini-Centrale de l’Est

SAINT-JÉRÔME . Considérant les manquements répétés de la Mini-Centrale de l’Est, qui opère un barrage sur la rivière du Nord, au cœur de Saint-Jérôme, le conseil municipal annonce, dans le cadre d’une conférence de presse à l’hôtel de ville ce matin, qu’il entreprendra auprès d’Hydro-Québec les démarches visant à faire cesser les activités de cette entreprise.

En vertu d’une résolution adoptée par le conseil municipal le 26 août dernier, la Ville a en effet demandé au président-directeur général Hydro-Québec de résilier le contrat d’achat d’électricité de Mini Centrales de l’Est Inc. avec la société d’État et au ministre du Développement durable de l’environnement et de la Lutte contre les changements climatiques de résilier le bail de location des forces hydrauliques.

Rappelons que cette centrale hydroélectrique privée située sur la rivière du Nord, d’une puissance de 1,5 MW, est abandonnée depuis plusieurs années.

La Ville s’appuie sur le fait qu’elle a interpellé en vain Mini Centrales de l’Est pour qu’elle améliore sa gestion des eaux.

Squattée, pillée, la centrale cause des problèmes notoires de sécurité en plus de problèmes environnementaux majeurs, explique le maire de Saint-Jérôme, Stéphane Maher. « Cette centrale en ruine sur la rivière constitue une importante nuisance ». Mario Fauteux, conseiller municipal et président de la commission de l’environnement parle de « squelette ». Le conseiller mentionne également les dommages causés aux rives à cause de mauvais fonctionnement des vannes.

Qui plus est, la reprise éventuelle des opérations de la petite centrale hydro-électrique de l’ancienne usine Dominion Rubber serait un obstacle au projet de développement des rives que la Ville veut réaliser dans une perspective de valorisation du potentiel écotouristique de Saint-Jérôme.

On parle ici du développement d’un quartier des arts et du savoir (développement de jardins urbains à l’ouest de la rue Labelle). Du fait que la Ville souhaite se réapproprier la rivière du Nord entre les deux barrages et qu’elle œuvre pour la mise en place d’un programme de pêche urbaine.

Stéphane Maher fait par ailleurs remarquer que la Ville ne part pas en guerre contre les centrales électriques.

Une première au Québec

Cette situation préoccupe également la Fondation Rivières. L’organisme à but non lucratif dédié à la préservation, la restauration et à la mise en valeur du caractère naturel des rivières, a produit un rapport pour la Ville en juin dernier, pour étudier les conditions du contrat en vigueur et formuler des recommandations

« C’est un geste audacieux, qui n’a jamais été posé. C’est une percée au Québec », souligne par ailleurs Pierre Leclerc, agent de recherche et de développement de la Fondation Rivières, avant de mentionner que Mini Centrales de l’Est a commis trois infractions simultanément. En effet une clause du contrat d’achat d’électricité permet à Hydro-Québec de résilier le contrat de plein droit si elle constate certains manquements. Il s’agit ici du non-respect des obligations en matière de gestion des eaux, du défaut de livraison d’électricité sur une période de plus de 18 mois et du fait que le producteur est en faute relativement à une obligation matérielle et substantielle du contrat.

À noter le barrage appartient au Gouvernement, mais les terrains et les installations de turbinage appartiennent à Mini-Centrale de l’Est, M. Claude O’Neil.

 En outre, Mini Centrales de l’Est pourrait renouveler son contrat pour une durée de vingt ans, lequel vient à échéance en 2017. Ce que la Ville veut éviter à tout prix afin de pouvoir réaliser son nouveau plan de développement et d’urbanisation. Pour le conseiller Mario Fauteux la possibilité que la centrale puisse reprendre du service n’est pas acceptable d’autant que celle-ci n’est pas d’utilité publique. « Cela porterait gravement atteinte au potentiel de revitalisation de cette portion de la rivière du Nord. »

Idéalement, la Ville cherche, en évitant le renouvellement du contrat de la Mini Centrale, à obtenir la responsabilité du barrage afin de lui donner une nouvelle vocation. En bref, s’assurer que la mission, la vocation, ne soit plus l’électricité, afin, entre autres, de pouvoir contrôler le niveau de l’eau. « Nous prenons les grands moyens pour la remise en place de la rivière et pour le programme d’écodéveloppement », souligne M. Maher.

Fait important, la Ville demanderait ensuite les droits afin de garder la structure du barrage pour l’exploiter en lui donnant une vocation de nature récréotouristique.

 

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