Saint-Jérôme protège près de 6 millions de pieds carrés de milieux naturels
La Ville de Saint-Jérôme a officialisé l’acquisition de près de 6 millions de pieds carrés de milieux naturels dans le secteur du parc naturel du Lac-Jérôme. Cette transaction, réalisée dans le cadre d’un échange de terrains avec un promoteur immobilier, permettra notamment de doubler la superficie du parc.
L’acquisition découle d’une entente adoptée par le conseil municipal en juillet 2025 avec le promoteur des projets résidentiels Écoquartier. En échange de ces vastes espaces naturels, la Ville a cédé 219 000 pieds carrés de terrain, dont 105 000 pieds carrés de stationnements au centre-ville et 114 000 pieds carrés dans le secteur de Saint-Antoine.
Avec cette transaction, le parc naturel du Lac-Jérôme et les nouveaux terrains acquis représentent désormais près de 24 millions de pieds carrés d’espaces naturels.
Pour le maire, Rémi Barbeau, cette acquisition constitue un gain environnemental majeur pour la municipalité. « On a réussi à faire une entente gagnant-gagnant où la population réussit à garder ses espaces verts », souligne-t-il. Le maire insiste également sur la valeur écologique du territoire, qui présente plusieurs caractéristiques environnementales importantes.
Des milieux naturels mieux protégés
Depuis l’adoption de l’entente initiale, plusieurs modifications ont été apportées afin de renforcer la protection des espaces naturels. Parmi celles-ci, la Ville a notamment obtenu la préservation d’une érablière rouge traversée par un cours d’eau, ainsi que celle d’un milieu humide situé à proximité d’un futur développement résidentiel.
« On a fait une modification de l’entente pour que cet endroit-là soit dans les zones protégées directement », explique M. Barbeau au sujet de l’érablière. En contrepartie de la protection du milieu humide, le promoteur pourrait notamment bénéficier d’étages supplémentaires dans certains immeubles projetés.
De nouveaux sentiers à prévoir
Bien que cette acquisition permette d’agrandir considérablement le parc naturel, la Ville souhaite limiter les aménagements afin de préserver la biodiversité. « On veut vraiment que ce soit un milieu naturel, [donc] un milieu qui n’est pas trop développé », précise le maire.
Les sentiers existants seront maintenus, tandis que certains passages informels seront évalués. La municipalité souhaite éviter de multiplier les sentiers, qui peuvent perturber les habitats naturels.
Un nouveau sentier sera toutefois aménagé dans le corridor destiné au raccordement des réseaux d’aqueduc et d’égout entre les quartiers Montmartre et Saint-Antoine.
Des travaux préparatoires doivent être réalisés d’ici la fin de l’année. Le tracé a été étudié afin de limiter le déboisement et les interventions dans les milieux humides. Une fois les travaux terminés, ce passage permettra notamment de relier le parc naturel du Lac-Jérôme au parc Jean-Guy-Décarie.
Développer sans s’étaler
L’échange de terrains s’inscrit également dans la volonté municipale de concentrer le développement immobilier dans les secteurs déjà urbanisés.
Les stationnements P1, P3 et P4 du centre-ville pourraient ainsi accueillir des immeubles résidentiels d’une dizaine d’étages, selon le maire. « C’est des terrains asphaltés qu’on vient transformer en milieu résidentiel. On ne coupe pas d’arbres », fait-il valoir. Cette densification permettrait notamment d’augmenter l’offre de logements à proximité des services, tout en limitant les coûts liés à l’expansion des infrastructures municipales.
M. Barbeau assure d’ailleurs que les coûts associés à l’échange ont été prévus dans l’entente et que les futurs immeubles pourraient générer des revenus supplémentaires en taxes municipales.
Il reconnaît néanmoins les préoccupations citoyennes concernant la circulation et la cohabitation au centre-ville, des enjeux sur lesquels la municipalité affirme poursuivre son travail. « C’est vraiment une entente assez historique […] et un beau gain pour la population de ne pas avoir payé pour garder notre nature », conclut-il.