Saint-Jérôme accueillera le plus important projet pilote de feux intelligents au Québec
La MRC de La Rivière-du-Nord et la Ville de Saint-Jérôme déploieront le plus important projet pilote de feux de circulation intelligents au Québec. Grâce à l’intelligence artificielle, onze intersections du secteur de la sortie 41 de l’autoroute 15 pourront adapter leurs feux en temps réel à la circulation.
Le projet vise un secteur commercial et industriel particulièrement achalandé aux heures de pointe. La croissance démographique de la région a notamment fait grimper la circulation au-delà des prévisions initiales. L’objectif est de rendre les déplacements plus fluides, d’améliorer la sécurité routière et de réduire les émissions de gaz à effet de serre liées à la congestion.
Des feux qui s’adaptent à la circulation
Contrairement aux feux traditionnels, qui fonctionnent selon des cycles préétablis ou à l’aide de boucles installées dans la chaussée, le nouveau système recueillera davantage d’informations sur la circulation.
« On ne sait pas combien il y a de véhicules, à quelle vitesse ils voyagent, dans combien de temps ils vont atteindre l’intersection », explique Hughes Michaud, de l’entreprise Orange Traffic, à propos des limites des systèmes traditionnels.
Le système intelligent pourra analyser ces données et ajuster les feux continuellement. « On va pouvoir vraiment activer l’intersection au bon moment. Chaque seconde, on va s’assurer que le vert qui est donné va servir au plus grand nombre d’usagers », résume-t-il. L’objectif est ainsi de diminuer le temps moyen passé à attendre aux intersections.
Pour le maire de Saint-Jérôme, Rémi Barbeau, cette technologie permet surtout de maximiser les infrastructures existantes dans une ville qui continue de se densifier. « On ne peut pas élargir toutes les routes parce qu’on n’a pas l’espace. Donc, on doit réutiliser les installations qu’on a déjà pour les moderniser », souligne-t-il.
Selon lui, un cycle de feux fixe ne répond pas nécessairement aux besoins qui varient selon l’heure et l’achalandage. La technologie permettra plutôt d’être « plus réactif à la réalité », notamment en fonction du nombre de véhicules et des mouvements aux intersections. La Ville travaille également sur un plan de circulation qui couvrira l’ensemble de son territoire.
Des gains déjà observés ailleurs
Des projets similaires, mais de plus petite envergure, ont déjà été testés ailleurs au Québec. À Kirkland, un système déployé sur six intersections du boulevard Saint-Charles a permis, selon Hugues Michaud, de réduire de 22 % le délai moyen d’attente au cours des six premiers mois.
À Charlemagne, la réduction aurait atteint 37 %. Dans le cas de Saint-Jérôme, M. Michaud estime qu’une diminution de 10 à 15 % constituerait déjà un résultat important, compte tenu du volume de véhicules et des améliorations déjà apportées aux infrastructures.
« Un 10-15 %, avec la quantité de véhicules qui se promènent ici, c’est encore une fois des centaines de milliers d’heures qu’on serait capable de retourner aux gens, aux travailleurs, aux familles », affirme-t-il. Il estime également que le projet pourrait éventuellement permettre d’éviter plusieurs milliers de tonnes d’émissions de CO₂ par année.
Un projet pilote de trois ans
Les automobilistes ne devraient toutefois pas s’attendre à constater des changements immédiats. Le projet pilote se déroulera sur trois ans et les premières étapes serviront principalement à installer les équipements et à recueillir des données.
Celles-ci permettront ensuite de fixer des objectifs avec la Ville, d’effectuer des simulations et d’implanter progressivement les ajustements, avant d’en mesurer les effets et d’apporter des corrections au système.
Le projet est géré par le Centre de formation et d’innovation en transport innovant et bénéficie notamment du soutien financier de la MRC, de la Ville de Saint-Jérôme, du gouvernement du Québec, de Tricentris et de la Caisse Desjardins de la Rivière-du-Nord.