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« Presque chaque jour, nos policiers répondent à un appel en matière de violence conjugale »

Dossier: violence conjugale

Au cours de notre entrevue avec Fannie Roy et Danielle Leblanc, les deux femmes ont trouvé important de souligner et saluer le travail accompli par le Service de police de la Ville de Saint-Jérôme en matière de violence conjugale. On s’entretient à cet effet, avec la directrice-adjointe, Caroline Bernard.

Est-ce que les policiers suivent une formation en matière de violence conjugale ?

Autant au Cégep qu’à l’École nationale de police du Québec, les policiers reçoivent de la formation en matière de violence conjugale. Lorsque le policier est engagé au sein de notre service, il est sensibilisé et continue à recevoir de la formation. Nous tentons d’intégrer des scénarios en matière de violence conjugale et de les sensibiliser aux risques d’homicide conjugal ou intrafamilial, mais également sur les ressources à sa disposition qui viennent en aide autant aux victimes qu’aux conjoints violents.

Est-ce que l’approche auprès des victimes a changé au fil des années ?

Elle a certainement évolué, bien qu’à la base, notre mission a toujours été de protéger les victimes. Un des points majeurs est de nous avoir liés avec des partenaires communautaires dont le mandat est d’offrir de l’aide aux victimes, de les soutenir et de les accompagner à travers le drame. Pour protéger une victime, c’est tout un filet de sécurité dont elle a besoin qui peut être composé de son entourage, de son tissu social, mais également par tout un réseau d’aide et de soutien ainsi que par des organismes sociaux judiciaires. Au SPVSJ, nous nous sommes dotés en 2015 d’un plan d’action spécifique en matière de violence conjugale qui vise l’intervention de première ligne.

Comment se déploie l’intervention policière?

Notre intervention se déploie par la protection de la victime. Nous devons protéger, écouter, rassurer tout en évaluant le risque d’homicide. La prévention de l’homicide est au centre de nos préoccupations. Nous la référons vers des organismes d’aide, grâce à des protocoles d’entente avec différentes organisations. Nous avons également un protocole d’intervention signé avec la Maison d’Ariane afin que la victime soit protégée par la police lors de son déménagement. Nous évaluons le risque auprès du conjoint violent. Nous cherchons à le référer vers des ressources qui lui viennent en aide. Nous sommes d’avis qu’aider un conjoint violent, c’est aussi aider la victime et ses enfants.

Comment votre implication à la cause se manifeste dans votre travail?

En 2014, à mon arrivée comme directrice adjointe, j’ai mis sur pied un comité technique sur les pratiques policières en matière de violence conjugale afin de revoir nos procédures d’intervention et créer une trousse d’intervention en matière de violence familiale, la trousse VC. Nous nous impliquons également à la table de concertation en matière de violence conjugale depuis près de 10 ans. De plus, j’ai eu l’honneur de présenter notre plan à l’ensemble de la communauté policière du Québec lors d’un séminaire
à l’ÉNPQ.

Je ne suis pas seule dans l’organisation à m’impliquer, bien au contraire. Nos policiers le sont également puisque presque chaque jour, ils répondent à un appel en matière de violence conjugale.

Nous voulons tout faire pour éviter un drame, malheureusement, j’en fais souvent mention, cela pourrait arriver. Ce qui est inacceptable, c’est qu’encore aujourd’hui, la première cause d’homicide au Québec est en matière de violence conjugale et la femme est toujours ou presque la victime.

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