Claudie Bélanger et Suzanne Picard, PAB mentors, ainsi que Danièle Picard, stagiaire, au CHSLD des Hauteurs de Sainte-Adèle.

| Par journal-le-nord

Près de 500 nouveaux préposés aux bénéficiaires

Le CISSS des Laurentides vient d’accueillir 453 nouveaux préposés en CHSLD, qui viennent de terminer une formation accélérée débutée en juin dernier.

« La première semaine a été difficile, mais on s’ajuste. » Valérie Lapensée est responsable des communications pour le STTLSSS (Syndicat des travailleuses et travailleurs des Laurentides en santé et services sociaux). Elle craignait des frictions entre les employés déjà en poste et les nouveaux arrivés, mais l’accueil s’est bien déroulé. « L’écho est à peu près le même partout dans les Laurentides. Pour le moment, ça se passe bien! »

Former ces nouvelles recrues n’a pas été de tout repos. La formation régulière, qui compte 870 heures, a été transformée en un programme accéléré de 375 heures. « L’équipe enseignante a été magnifique. Ils se sont retournés sur un 10 sous! » raconte Stéphan Laurence, directeur du Centre de formation professionnelle (CFP) Performance Plus, à Lachute, où 156 nouveaux préposés ont suivi leur formation cet été. Il salue la réussite de ses élèves. « Les gens qui ont suivi la formation étaient vraiment disciplinés. Ce n’était pas simple pour eux, avec l’été, la canicule, le masque, la visière… Il faisait très chaud! » Mais les recrues ont persévéré. « Tous ceux qui ont suivi la formation jusqu’à la fin ont réussi. »

Cependant, même avec la formation, les nouveaux préposés ont encore beaucoup à apprendre. « C’est sûr qu’il y des petits ajustements parfois à faire, » dit Mme Lapensée. « Ils apprennent sur le tas. » Ils sont épaulés par leurs collègues qui ont plus d’expérience, et s’ils sont incertains ou démunis devant une situation, ils n’hésitent pas à aller chercher l’aide d’un collègue.

Nouvelles vies

Danièle Picard travaille maintenant au CHSLD des Hauteurs à Sainte-Adèle. Avant la pandémie, elle était directrice du spa de l’Hôtel St-James, un prestigieux 5 étoiles au cœur du Vieux-Montréal, où elle a travaillé 17 ans. « Je me suis adaptée rapidement. C’était un chemin naturel. » Elle dit que sa formation de massothérapeute lui a donné une longueur d’avance durant sa formation.

Mme Picard adore déjà son nouveau métier. Elle se réjouit d’être attitrée aux mêmes résidents, pour créer une stabilité. « On peut personnaliser notre approche. Ça nous permet de donner une qualité de soins et de faire plus partie de leur vie. » Dans son ancienne carrière, Mme Picard a massé des vedettes et des premiers ministres, mais pour elle, son nouveau travail est tout aussi important. « Moi, je les aime, les humains. Je les traite aussi bien. Ce sont mes petites vedettes à moi, » confie-t-elle, en parlant de ses nouveaux résidents.

Ça faisait longtemps que Tammy Pépin Jubinville pensait à faire la formation pour devenir préposée aux bénéficiaires. Mais pour la mère monoparentale qui travaillait dans une garderie en milieu familial, retourner aux études était impossible. Lorsque le gouvernement Legault a annoncé le nouveau programme, elle a sauté sur l’occasion. « Toute ma famille est dans les hôpitaux depuis 20 ans. Donc j’ai suivi les traces de ma famille, » explique-t-elle. Elle qui n’avait jamais mis les pieds dans un CHSLD avant la pandémie se dit choyée. « Tout le monde est gentil, c’est une belle ambiance, c’est familial. Et je parle pour mes collègues aussi. On a juste du bien à dire! »

Des renforts insuffisants

Malgré l’arrivée de sang neuf, ces nouveaux renforts sont bien insuffisants. « Notre personnel est tellement épuisé, confie Mme Lapensée. Ça leur permet de respirer, mais sans plus. Notre personnel est en détresse psychologique. » Au Pavillon Philippe Lapointe de Sainte-Agathe, par exemple, 101 quarts de travail ont été effectués par du personnel d’agences privées, juste la semaine dernière. « Il en manque encore énormément. »

Au CFP Performance Plus, une nouvelle cohorte est déjà en formation depuis le 28 septembre. « Dès le 19 octobre, ils vont se retrouver en milieu de soins de longue durée, où ils vont poursuivre leur stage, » explique M. Laurence. Ils décrocheront leur diplôme le 15 décembre prochain.

NOUVELLES SUGGÉRÉES

0 Comments

Submit a Comment

Votre adresse courriel ne sera pas publiée.

Ce site est protégé par reCAPTCHA et les politiques de confidentialité et conditions de service de Google s'appliquent.