Patinoire couverte : retour vers le futur en réfrigération ?
Par Luc Robert
Le projet de patinoire, couverte inaugurée vendredi dernier au parc Connelly, pourrait retrouver sa vocation originale à surface réfrigérée, telle que souhaitée à son époque par l’ancien maire de Saint-Hippolyte, Bruno Laroche.
Un procédé révolutionnaire portatif, utilisé par la Ligue nationale de hockey (LNH) à ses classiques hivernales extérieures, pourrait permettre de prolonger la saison froide et de conserver la glace plus longuement au printemps à l’infrastructure de la 111e avenue. La facture deviendrait plus modeste que le million de dollars supplémentaire qu’aurait couté l’installation une tuyauterie permanente.
« On m’apprend que la LNH utilise des genres de sections de tapis, branchées à un camion compresseur, qui gardent la glace intacte, même par temps de redoux. Il existe des projets pilotes à Laval et dans Lanaudière qui utilisent cette technologie : on va s’informer comment ça fonctionne et ce que ça coûte », a souligné la mairesse actuelle, Isabelle Poulin.

Vérification faite, le circuit Bettman utilise 253 panneaux en aluminium pour couvrir une surface de jeu traditionnelle de 185 pieds par 200. Ils sont disposés en trois rangées, avec des tuyaux branchés aux unités de réfrigération, soit deux camions remorques à réfrigération mobiles qui pompent le glycol et refroidit l’eau. Environ une semaine avant la tenue des classiques hivernales et des séries de stades de la LNH, de l’eau est aspergée par couches sur les panneaux, lui permettant de bien geler et de se conserver.
« Le projet a souvent eu le vent dans la face »
– Louis Croteau
Vent opposé
Pour le directeur des loisirs de Saint-Hippolyte, Louis Croteau, les rebondissements du projet ont soulevé à maintes reprises des doutes sur son aboutissement.
« On inaugure une installation multigénérationnelle : 10 ans d’efforts et de persévérance. Le projet a souvent eu le vent dans la face. Bravo à ceux qui ont continué d’y croire », a-t-il louangé.
Mme Poulin a aussi levé son chapeau face aux efforts précédemment déployés.
« Le projet est né d’une mobilisation citoyenne en 2016, un projet à viabilité financière et environnementale. Je coupe le ruban, mais ce sont les conseils municipaux précédant qui ont été les précurseurs. C’est un immense apport à la communauté hippolytoise », a-t-elle évalué.
Bruno Laroche, instigateur du projet et maintenant courtier immobilier, a salué la capacité de ses successeurs à s’être ajustés à la réalité des années 2020.
« La bâtisse couverte diffère de l’idée originale de construire son toit en bois. Mais bon, dans sa forme de départ, ça passait moins bien auprès du conseil. Ça me rappelle les terrains de tennis, en face. À leur livraison, ils ne possédaient pas d’éclairage. Mais on avait fait enterrer des tuyaux, qui ont ultérieurement servi pour passer les fils nécessaires à l’installation des lumières. J’ai bon espoir que la patinoire va bénéficier un jour d’une réfrigération d’une manière ou d’une autre », a envisagé l’ex-candidat caquiste dans Saint-Jérôme.