Les producteurs laitiers perdent plusieurs milliers de dollars à cause de l'importation du lait diafiltré.
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Les producteurs laitiers sonnent l'alarme

Par lpbw

Des producteurs laitiers ont lancé un cri du cœur au gouvernement libéral afin qu’il applique sa réglementation concernant l’importation du lait diafiltré.

Ces agriculteurs s’étaient donné rendez-vous sur une ferme de Mirabel mardi matin. Ils étaient accompagnés du chef intérimaire du Bloc Québécois et député fédéral de Saint-Jérôme, Rhéal Fortin, du député de Mirabel, Simon Marcil, du président des Producteurs de lait d’Outaouais-Laurentides, Réal Gauthier et d’une travailleuse de rang, Meg Delisle.

«Dans l’image populaire, un agriculteur, c’est grand, c’est gros, c’est fort et en santé. Mais les agriculteurs que l’on rencontre sont en dépressions», a déploré M. Fortin.

L’élu constate que l’importation du lait diafiltré porte un dur coup aux producteurs laitiers.

«Il est temps que ce gouvernement-là se prenne en main et resserre les contrôles d’importation de lait diafiltré. On s’est donné un système de gestion de l’offre et là on le laisse tomber. C’est inacceptable», peste-t-il.

Le chef bloquiste demande un traitement unique: «soit le lait diafiltré est considéré comme un produit laitier et est donc taxé en conséquence, soit l’Agence canadienne d’inspection des aliments ne le reconnaît pas comme un produit laitier».

Des pertes de 40 000 $

Cette situation appauvrit les producteurs laitiers qui sont plusieurs à mettre la clé sous la porte, observe Réal Gauthier.

«Les agriculteurs coupent sur les investissements, sur la marge de crédit et doivent surutiliser leurs machineries. À long terme, ils se tirent dans le pied. Depuis un an, cinq ou six agriculteurs ont vendu leur ferme à Mirabel, et plusieurs autres se posent des questions».

Selon lui, une ferme laitière moyenne de 60 vaches perd environ 40 000 $. Réal Brière a décidé de vendre sa ferme au mois d’août dernier parce qu’«il n’arrivait plus».

«Avant, on ne mettait pas l’argent dans nos poches, on l’investissait. Maintenant, les investissements ont énormément diminué».

L’ex-agriculteur se désole de voir qu’il y a peu de relève. «Dans certaines régions, si le secteur laitier disparaît, les services disparaissent. Que ce soit les banques, les épiceries, les dépanneurs».

De son côté, Richard Gauthier roule toujours sa ferme laitière même s’il voit ses profits fondre.

«Je ne peux pas investir, si je n’ai pas de revenu décent. Tout augmente. Ton coût de base reste le même, mais je n’ai pas un revenu acceptable, je ne peux pas continuer comme ça», a souligné le propriétaire.

Pour survivre, certains agriculteurs doivent avoir un autre emploi, rapporte Vanessa Mondou, copropriétaire d’une ferme.

Des producteurs à bout

Dans les derniers mois, le moral des producteurs laitiers a été durement éprouvé, constate la travailleuse de rang Meg Delisle. «Il y a beaucoup de tentatives de suicide, de dépressions, de déprimes, d’arrêts de travail. Tout le monde est à bout. Vous n’avez pas idée à quel point mon téléphone sonne. J’ai peur pour cet hiver. D’ici le printemps, je ne fournirai pas», affirme-t-elle.

Le député de Mirabel, Simon Marcil, a parrainé une pétition qui demandait de stopper l’entrée de cette protéine laitière. Cette pétition, signée par 2253 personnes, sera déposée à la Chambre des communes dans les prochaines semaines.  

 

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