Les députés lavallois ont vécu le pire sur la colline Parlementaire

FUSILLADE. Tous les députés lavallois du NPD étaient au Parlement canadien lorsque des coups de feu se sont fait entendre mercredi matin.

Le Courrier Laval a pu joindre Rosane Doré Lefebvre (Alfred-Pellan) et François Pilon (Laval—Les Îles), peu de temps après qu’on les ait autorisés à sortir de la pièce où ils ont été barricadés pendant de longues minutes, couchés au sol. Au téléphone, ils étaient encore complètement ébranlés.

Rien ne laissait présager que ce matin allait en être un complètement bouleversant, alors que s’entamait, comme chaque mercredi, un caucus des trois partis majeurs. Ils ont été confrontés de près au danger et ont eu la peur de leur vie.

«C’est le moment, où pratiquement, il y a le plus de députés sur la colline Parlementaire, mis à part quand il y a des votes», indique Mme Doré Lefebvre, qui nous a rappelés, alors qu’elle venait de sortir pour être transférée dans un édifice sécurisé, isolée avec d’autres parlementaires du Québec et de l’Ontario, juste en face du pavillon principal.

Tous couchés au sol

François Pilon est un des quelques députés qui ont pu sortir de la pièce quelques minutes après que les détonations aient pris fin. À l’heure où il nous parlait, ses homologues étaient encore à l’intérieur du Parlement et il n’avait pas de communication avec eux.

«Les premiers coups de feu ont dû être tirés presque en face de la pièce où on était, décrit-il. On les a très bien entendus et c’était assez stressant. On nous a fait coucher par terre, les portes ont été barrées et des chaises et des tables ont été placées devant celles-ci parce que les coups de feu étaient très près.»

Le député de Laval—Les Îles a été un des premiers à sortir de la pièce par une porte secondaire, quelques minutes après les dernières détonations. Toutefois, la menace était encore bien trop présente à l’intérieur du Parlement pour faire sortir tous les députés. Son groupe a donc été le seul évacué de la pièce, laissant les autres derrière lui.

«C’est rendu dehors que je me suis dit que je n’avais aucune protection s’il y avait eu un autre tireur, ajoute M. Pilon. Alors je suis allé directement à mon bureau, où il y a six gardes armés actuellement à l’entrée. Quand mon adjoint a vu mon visage lorsque je suis entré, il m’a dit qu’il ne m’avait jamais vu comme cela.»

Odeur de poudre

Rosane Doré-Lefebvre était sous le choc, étant donné que les événements se déroulaient encore.

«Il y a eu un moment où les gens se sont mis à se cacher en dessous des tables et à barricader les portes. Avec mon téléphone, j’ai communiqué avec mon conjoint qui travaille aussi sur la colline. J’ai ma fille qui est à la garderie sur la colline parlementaire… Est-ce qu’elle était en sécurité? Je ne le savais pas. Finalement, mon conjoint est allé à l’édifice de la Confédération la chercher. On restait en communication. Toute la famille est en sécurité même si on est séparés actuellement.»

Le temps a été figé pour elle pendant ces longues minutes. Quand elle est finalement sortie de la salle en courant, elle et ses collègues ont immédiatement détecté une odeur de poudre de fusil. C’était surréaliste pour la parlementaire.

«Le sergent d’armes, Kevin Vickers, celui qui aurait abattu un des suspects, si ça n’avait pas été de lui, je ne sais même pas où on en serait en ce moment, ajoute la députée. C’est un héros aujourd’hui.»

Ce mercredi, tous les bureaux de circonscription ont été fermés à travers le Canada, d’après Mme Doré Lefebvre.

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