Les frères Guy et Pierre Poupart représentent Guy Turcotte.
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Le procès Turcotte en détails

Le procès du docteur Guy Turcotte a pris son envol, lundi matin, au palais de justice de Saint-Jérôme, dans une salle d’audience remplie à pleine capacité. M.Turcotte est accusé des meurtres prémédités de ses enfants, Olivier, 5 ans et Anne Sophie, 3 ans. Celui-ci a débuté le procès en faisant l’admission, par l’entremise de ses avocats Guy et Pierre Poupart, qu’il avait effectivement tué ses enfants, en posant un acte illégal, le 20 février 2009, à Piedmont.

Il ne s’agit toutefois pas d’un plaidoyer de culpabilité, car la défense affirme que son client n’était pas dans l’état d’esprit requis, au sens du Code pénal, pour commettre des meurtres de façon préméditée. La Couronne devra donc prouver l’intention coupable de l’accusé.

Témoignage émotif

Interrogée par la procureure de la Couronne, Me Marie-Nathalie Tremblay, la mère de M.Turcotte, Marguerite Fournier, a livré un témoignage émotif qui a fait pleurer son fils à chaudes larmes. Celui-ci a écouté les propos de Mme Fournier qui décrivait les dernières heures avant le drame.

Marguerite Fournier a débuté son exposé en relatant la conversation téléphonique d’un peu moins d’une heure qu’elle a eu avec son fils le 20 février, vers 20h20. La mère de 65 ans est demeurée forte et a répondu aux questions de Me Marie-Nathalie Tremblay en sachant contenir ses émotions.

«Une grande désolation»

«Normalement, Guy nous téléphonait deux à trois fois par semaine, mais cette semaine-là, nous n’avions pas eu de nouvelles. Je l’ai d’abord appelé et il a raccroché. Il m’a ensuite rappelé quelques instants plus tard. J’ai tout de suite senti quelque chose de bizarre dans sa voix. Il était dans une grande désolation. Il m’a dit qu’il m’aimait et de faire le message à la famille qu’il les aimait aussi. Il a ensuite parlé de Whisler, en me demandant pardon», indiquait-elle en référence au voyage qu’elle avait fait dix mois plus tôt, avec son mari, son fils et sa conjointe Isabelle Gaston, avec laquelle il avait eu des tensions lors du séjour.

«On aurait dit qu’il ne m’entendait pas. J’ai cru qu’il avait bu, sa voix n’était pas pareille. Il me répétait sans cesse qu’il nous aimait et qu’il me demandait pardon pour Whisler. Je lui ai alors demandé ce qui n’allait pas et il m’a répondu "Isabelle a un amant. Tu te rends compte, maman? Ça s’est passé dans ma maison, dans mon lit. Fernand me l’a dit! Ça dure depuis des semaines!" J’avais l’impression qu’il s’était fait arracher quelque chose de l’intérieur. J’avais peur qu’il pense à s’enlever la vie», a-t-elle expliqué, pendant que Guy Turcotte ne pouvait cacher sa peine dans le box des accusés.

«On a besoin d’aide, voulez vous venir s.v.p!»

Mme Fournier aurait souhaité se rendre au 240 chemin Beaulne, à Piedmont, le 20 février, mais elle n’avait pas de voiture. Incapable de le rejoindre, le lendemain matin, elle a insisté auprès de son mari pour rejoindre leur fils. Ils se sont d’abord rendus au cours de piano d’Olivier, mais celui-ci était absent. Ils ont ensuite pris la route en direction du restaurant, où M.Turcotte avait l’habitude d’attendre la fin du cours de son fils, pour obtenir le même constat. «Nous nous sommes donc dirigés chez lui vers 10h30 le matin. Les stores étaient fermés, ce qui était anormal pour lui. J’ai sonné, mon mari a cogné, sans jamais avoir de réponse. J’ai alors dit "ça y est". Je n’avais plus d’espérance. J’ai alors contacté le 911.»

La Cour a ensuite fait entendre la bande sonore de l’appel de Mme Fournier. On aurait pu entendre une mouche volée au palais de justice pendant cet instant des plus émotifs qui a fait fondre Guy Turcotte en larme. «On a besoin d’aide, voulez vous venir s.v.p.» a-t-elle exprimé, en panique, au préposé qui n’en finissait plus avec ses questions.

Une macabre découverte

Plus tôt dans cette première journée de procès, Daniel Fortin, technicien en scène de crime de la Sûreté du Québec, a décri, à l’aide de 157 photographies, la scène de crime, dans ses moindres détails. Les clichés ont permis à la Cour de prendre connaissance de la présence d’un bidon de lave-glace au huitième rempli, d’un verre contenant ce même liquide, d’un couteau long de 30 centimètres sur l’un des lits, ainsi que des matières corporelles qu’on retrouvait un peu partout à l’étage de cette scène d’horreur.

Mardi, les avocats ont interrogé Patrick Bigras, le policier qui a fait la macabre découverte. Celui-ci a forcé une fenêtre pour entrer. Il est monté à l’étage après avoir entendu un bruit et a aperçu du sang sur le cadre de porte de la salle de bain. Il a ensuite trouvé les corps des enfants qui reposaient sur leur lit. En entrant dans la chambre principale, il a regardé sous le lit et a aperçu Guy Turcotte, torse nu, dans un état semi-conscient. Il a ensuite déplacé le lit et procédé à son arrestation.

 

 

 

 

 

 

 

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