Le PQ promet cinq grands chantiers pour revoir l’école
De passage à Saint-Jérôme le 2 septembre, le chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon, s’est engagé à lancer des états généraux sur l’éducation dans les 100 premiers jours d’un éventuel gouvernement péquiste. Formation professionnelle, culture, activité physique, violence et mixité scolaire formeraient les cinq grands chantiers de cette réflexion.
Entouré de plusieurs candidats péquistes des Laurentides à la Place du Curé-Labelle, Paul St-Pierre Plamondon a placé la lutte contre ce qu’il qualifie d’« école à trois vitesses » au cœur de ses engagements en éducation.
Selon le chef péquiste, les écarts entre les réseaux privé et public nuisent notamment à la mobilité sociale. Il a cité un taux de diplomation après cinq ans de 89 % au privé, contre 66 % au public. « Ça veut dire que l’ascenseur social n’est pas le même pour le même effort et le même talent, dépendamment de dans quel système on arrive », a-t-il soutenu.
Pour revoir le modèle québécois, le PQ promet des états généraux réunissant enseignants, professionnels, directions d’école et parents. Le parti souhaite notamment s’inspirer des pratiques mises en place ailleurs dans le monde pour « rehausser vers le haut » les différents paliers du système d’éducation.
Cinq chantiers
Le premier chantier concernerait la formation professionnelle et le décrochage scolaire. M. St-Pierre Plamondon souhaite notamment valoriser davantage l’apprentissage d’un métier auprès des jeunes. Il s’inquiète aussi du départ d’enseignants du réseau, affirmant que 2 000 d’entre eux ont quitté leur poste depuis 2025.
Questionné par Le Nord sur les moyens qui seraient déployés pour retenir les enseignants, le chef péquiste s’est montré favorable à davantage d’investissements dans le personnel de soutien et les professionnels. Il estime que les enseignants doivent pouvoir compter sur une expertise autour d’eux pour intervenir auprès des élèves ayant des besoins particuliers.
Le deuxième chantier vise à remettre la culture québécoise au cœur de l’école. Le PQ souhaite que tous les jeunes soient exposés à une culture commune, notamment à travers la littérature, la chanson et le cinéma. M. St-Pierre Plamondon souhaite également se pencher sur l’enseignement de la musique au primaire, dont l’offre se serait détériorée au fil des années.
Le PQ réitère aussi sa volonté d’offrir 60 minutes d’activité physique par jour aux élèves. Questionné sur la manière d’intégrer cette heure supplémentaire sans allonger la journée scolaire, le chef péquiste n’a pas précisé quelles matières pourraient être réorganisées. Il a toutefois soutenu que des modèles étrangers démontrent que la mesure est réalisable et que l’activité physique peut favoriser la concentration des élèves.
Violence et mixité scolaire
La lutte contre la violence formerait le quatrième chantier. Le PQ prévoit des sanctions plus sévères pour certains gestes violents, combinées à une stratégie de prévention élaborée avec le milieu scolaire. Pour les élèves du primaire, M. St-Pierre Plamondon a surtout insisté sur l’accompagnement et le recours à des ressources psychoéducatives.
Enfin, le cinquième chantier porterait sur la mixité scolaire, tant culturelle que socio-économique. Le PQ veut notamment revoir le rapport entre les réseaux public et privé. Une partie du financement des écoles privées pourrait être conditionnelle à l’accueil d’un plus grand nombre d’élèves ayant des difficultés d’apprentissage ou provenant de milieux moins favorisés.