Laurentides : la végétation reste la cause numéro un des pannes de courant
Dans les Laurentides, la végétation demeure la principale cause des pannes de courant. Branches trop près des fils, arbres fragilisés par les tempêtes ou la neige lourde : les épisodes météorologiques de plus en plus intenses forcent Hydro-Québec à redoubler d’efforts pour sécuriser son réseau et améliorer la fiabilité du service.
« Les travaux de maîtrise de la végétation ont deux objectifs principaux : assurer la sécurité du public et des travailleurs, et maintenir une alimentation en électricité fiable », explique Marie-Annick Gariépy, conseillère relations avec le milieu chez Hydro-Québec. La société d’État mise sur des interventions régulières pour limiter les risques d’interruptions de service, particulièrement dans les régions très boisées comme les Laurentides.
À l’échelle du Québec, Hydro-Québec a investi environ 150 millions de dollars en 2025 pour la maîtrise de la végétation. Une hausse marquée, alors que les budgets consacrés à ces travaux ont doublé au cours des dernières années. En cause : les changements climatiques, qui entraînent davantage d’épisodes de verglas, de vents violents et de neige lourde, tout en accélérant la croissance des arbres.
« Les arbres ont maintenant une plus grande période de croissance. Même cinq ans après un passage, la végétation peut repousser très rapidement », souligne Mme Gariépy. Cette réalité oblige Hydro-Québec à intervenir plus souvent et à adapter ses méthodes.
Plusieurs interventions prévues dans la région
Dans la MRC des Pays-d’en-Haut, les travaux prévus pour 2025-2026 comprennent 2 342 interventions d’élagage, 961 déboisements et 4 020 abattages d’arbres à risque d’occasionner une panne. Dans la MRC de La Rivière-du-Nord, Hydro-Québec prévoit 4 971 élagages, 1 807 déboisements et 7 622 abattages d’arbres à risque.
Une partie de ces travaux a déjà été réalisée en 2025, tandis que le reste se poursuivra en 2026.
Les secteurs à prioriser sont déterminés par une équipe d’ingénieurs forestiers, selon un cycle d’environ cinq ans et à partir de l’historique des pannes. « Lorsqu’un secteur connaît une moins bonne qualité de service, on va prioriser cette ligne pour intervenir », précise Mme Gariépy.
Déboisement ciblé et préoccupations environnementales
Si la coupe de branches demeure fréquente, Hydro-Québec privilégie, lorsque le contexte s’y prête, des travaux de déboisement ciblés. Cette méthode consiste à retirer les essences incompatibles avec la présence de lignes électriques, tout en conservant les arbres qui ne présentent pas de risque.
« Notre objectif n’est pas de retirer tous les arbres, seulement ceux qui ne sont pas compatibles avec l’exploitation sécuritaire du réseau », insiste la conseillère. Ces interventions permettent aussi l’utilisation de machinerie mécanique, réduisant les coûts et accélérant les travaux.
Hydro-Québec reconnaît toutefois que ces opérations peuvent susciter des inquiétudes environnementales. L’entreprise mise donc sur la sensibilisation et la pédagogie, rappelant l’importance de « planter le bon arbre au bon endroit » afin d’éviter des coupes futures.
Communication avec les citoyens et les municipalités
Les propriétaires concernés sont avisés principalement par courriel lorsque des travaux sont prévus près de leur résidence. Un technicien forestier se rend ensuite sur le terrain pour identifier les arbres sur lesquels intervenir et obtenir les autorisations nécessaires.
Hydro-Québec rencontre également les municipalités touchées afin de leur expliquer les objectifs des travaux et les mesures d’atténuation. « Les municipalités sont des partenaires importants, puisque les citoyens se tournent souvent vers leurs élus pour obtenir de l’information », explique Mme Gariépy.
Un effet direct
Selon Hydro-Québec, les résultats sont concrets : dans les secteurs où des travaux intensifs sont réalisés, le nombre et la durée des pannes diminuent de façon significative. « On voit un lien direct entre la maîtrise de la végétation et la réduction des pannes », affirme Mme Gariépy.
La clientèle peut consulter la carte interactive des travaux sur le site d’Hydro-Québec afin de connaître les interventions prévues dans son secteur. Un outil pour choisir les arbres et arbustes compatibles avec les lignes électriques est également disponible pour guider les citoyens lors de nouvelles plantations.
« C’est un effort collectif », conclut Mme Gariépy. « Quand tout le monde accepte les travaux nécessaires, on réduit considérablement le risque de pannes pour l’ensemble des clients alimentés par une même ligne. »