Les employés de l’Hôtel Best Western à Saint-Jérôme

| Par journal-le-nord

Hôtels : Il faudra compter sur le tourisme québécois

L’achat local, c’est aussi pour les hôtels du Québec, qui eux aussi souffrent de la fermeture des frontières, des annulations d’évènements et de séjours. C’est ce que nous rapportent les directions de l’Hôtel du Mont Gabriel à Sainte-Adèle et de l’Hôtel Best Western à Saint-Jérôme.

 

Viviane Charron est directrice générale de l’hôtel Best Western à Saint-Jérôme, celui-ci est resté ouvert durant la pandémie pour accueillir les travailleurs essentiels et des personnes infectées qui devaient s’isoler. « Nous avons déjà vécu des crises en hôtellerie, mais jamais de cette ampleur-là », affirme-t-elle. De son côté, l’Hôtel Mont Gabriel a dû fermer ses portes durant quelques mois et a rouvert à sa clientèle le 4 juin dernier. Le directeur général, Martin Lavallée, nous a confié que les réservations allaient bien pour cette semaine, mais il soutient que plus de personnel est nécessaire en raison de tout le nettoyage qu’il y a à faire et des mesures supplémentaires à prendre. Il reste tout de même optimiste par rapport à la saison estivale en raison de l’engouement collectif pour le tourisme dans la province.

15 à 20% de la capacité d’accueil

Mme Charron fait toutefois remarquer que leur capacité d’accueil est nécessairement réduite puisqu’ils doivent attendre 24 heures entre chaque client pour laisser la chambre libre durant cette période. En effet, en attendant ce nombre d’heures, le risque de contamination est réduit de 90% selon ses affirmations. Elle explique par ailleurs qu’au Québec, les hôtels qui sont
« chanceux » pourront accueillir entre 15 et 20% de leur capacité, selon les données de l’Association des hôtels du Québec. Habituellement, à ce moment-ci de l’année, le Best Western approchait la capa-cité maximale à chaque jour : « Ça ne sera jamais comme les années précédentes. »

Une clientèle réduite

Leur clientèle est également réduite puisqu’elle provenait souvent des États-Unis ou de l’Ontario, notamment. « Nous sommes un hôtel très corporatif, mais durant l’été nous avons aussi beaucoup d’étrangers qui venaient séjourner, entre autres pour le P’tit Train du Nord ou pour le Théâtre Gilles-Vigneault », ajoute-t-elle. En effet, depuis les dernières années, la Ville a organisé plusieurs activités et festivités, faisant ainsi de Saint-Jérôme une destination en soi. Cette année toutefois, ce sera différent selon la directrice puisque les gens se tourneront plutôt vers des endroits à proximité de la nature.

Évènements annulés, de lourdes pertes

« Nous nous préparons à avoir un été tout de même potable, mais ce qu’on a perdu, nous ne pouvons pas le récupérer », déplore M. Lavallée de l’hôtel Mont Gabriel. Ce qu’ils ont perdu, ce sont les mariages, les congrès, les réunions d’affaires, les tournois de golf, alors qu’ils sont des spécialistes pour l’organisation d’évènements, soutient le directeur. « Habituellement, on peut faire jusqu’à quatre mariages un samedi. Malheureusement, ça ne pourra pas se faire cet été et c’est une perte notable quand on calcule 100 personnes dans chaque salle à 200 $ le couvert, poursuit-il. On se concentre donc sur la clientèle individuelle, les familles et les couples. »

Des milliards de dollars à l’étranger

Pour aider à soutenir les pertes du secteur hôtelier du Québec, il serait important, selon Viviane Charron, d’avoir des plateformes de réservation québécoise. Elle explique que des sites comme Expedia ou Booking.com peuvent obtenir jusqu’à 25% d’un séjour, au détriment des hôtels.

En outre, il est également très difficile d’annuler un séjour avec eux, contrairement à une réservation qui est faite directement avec l’institution. Ce sont donc des milliards de dollars chaque année qui ne retombent pas dans les poches des québécois. Le problème réside aussi dans la place que prennent ces plateformes lors d’une recherche sur le web, alors que le site même de l’hôtel n’est souvent pas le premier qui apparait. « J’espère que ce que nous vivons actuellement sera une opportunité pour le Québec d’aller de l’avant dans ce secteur », ajoute la directrice.

L’Hôtel du Mont Gabriel. Photo: Ève Ménard

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