| Par Ève Ménard

Plus de 800 diplômes remis en présence

Les 13 et 14 octobre derniers, l’Université du Québec en Outaouais (UQO) a honoré les personnes diplômées de la cohorte 2021 de son campus de Saint- Jérôme. Après la tenue de cérémonies virtuelles l’année dernière, la collation des grades s’est enfin déroulée en présence au campus, sous la forme de quatre cérémonies distinctes.

Plus de 800 diplômes ont été décernés, parmi les huit domaines d’études offerts. « C’est tellement stimulant, motivant et touchant de voir les étudiants », nous a confié la rectrice de l’UQO, Murielle Laberge, quelques minutes après la toute première cérémonie du 13 octobre. Étant aussi diplômée au baccalauréat, à la maîtrise et au doctorat à l’Université du Québec en Outaouais, elle était particulièrement fière de remettre à son tour les diplômes aux étudiants.

« Ils m’ont tellement impressionnée. Toutes les conditions étaient réunies pour être démotivé, pour abandonner. Mais ils ont tenu le fort et ont conservé dans leur ligne de mire leurs objectifs. Je suis vraiment fière d’eux. »

La collation des grades marque aussi un jalon important pour le campus de Saint- Jérôme : une première cohorte de diplômées et de diplômés du baccalauréat en sciences comptables. Seize personnes ont reçu les premiers diplômes de ce programme lancé à l’automne 2018. Cette année marque aussi un sommet pour le nombre de personnes diplômées chez les infirmières praticiennes spécialisées (IPS) avec une cohorte de 21 étudiants et étudiantes. Le campus de Saint-Jérôme compte également 275 personnes diplômées au baccalauréat en sciences infirmières cette année. « Nous sentons que nous contribuons à la société », a affirmé Murielle Laberge à ce sujet.

Viviane Michel honorée

Cette année, l’UQO décernait aussi un doctorat honoris causa à Viviane Michel, présidente de Femmes autochtones du Québec (FAQ). Cet honneur permet de reconnaître publiquement le mérite exceptionnel, le succès et l’excellence de l’oeuvre sociale, culturelle, scientifique, artistique ou humanitaire de certaines personnes.

Viviane Michel a adressé un discours inspirant
et touchant en clôture de la cérémonie.

Originaire de Maliotenam, sur la Côte-Nord, Viviane Michel est une Innue engagée dans la promotion et le respect de l’identité et de la culture des Premiers Peuples et la défense des droits des femmes autochtones, non seulement au Canada, mais sur la scène internationale également. Elle oeuvre depuis 25 ans à améliorer la reconnaissance des droits des femmes autochtones du Québec et du Canada au travers d’actions portant sur la non-violence, la justice, l’égalité des droits, la santé et la promotion de l’engagement des femmes au sein de leur communauté. Mme Michel a reçu cet honneur avec humilité, elle qui n’a jamais cherché la reconnaissance.

Croire en la jeunesse

Le fait de recevoir un doctorat honorifique devant une cohorte de diplômés était particulièrement significatif, considérant que pour la présidente de Femmes autochtones du Québec, la réconciliation passe avant tout par l’éducation. « C’est immanquable qu’on commence par la jeunesse. Je prône toujours par la jeunesse puisque ce sont eux qui vont faire le changement, plus tard. »

Diplômée en travail social, la fibre militante de Viviane Michel s’est développée très tôt, en rapport avec sa propre expérience. « Je suis une victime d’agression sexuelle donc vouloir militer en ce sens-là, vient de loin, vient de mon vécu. Chez les Premiers Peuples, le processus de guérison a été très efficace pour moi. J’ai travaillé fort pour être bien avec moi-même, pour panser mes blessures. Et aujourd’hui, je peux te dire que je suis bien. Et je veux que toute femme ou tout homme qui aurait vécu cette problématique sache qu’il y a moyen de s’en sortir, d’être heureux et de s’aimer. » Lutter contre les discriminations envers les femmes autochtones est une cause qui lui a toujours tenu à coeur.

En fin de discours, Viviane Michel a tenu à s’adresser directement aux diplômés, et à ouvrir la voie vers la réconciliation. « Je vous souhaite chers diplômés d’être authentique, d’être vrai, de persévérer. Je souhaite qu’il y ait vraiment un changement. Je me pose toujours la question. Le changement arrivera-t-il? Est-ce que nous allons être reconnus et respectés dans toutes nos différences? Je garde espoir. C’est un rêve que je côtoie depuis longtemps. »

Murielle Laberge, rectrice de l’UQO,
était particulièrement fière des diplômés.

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