(Photo : Tweet de l’équipe de Christian Dubé )
Le ministre Dubé visite les hôpitaux de Saint-Jérôme et Saint-Eustache avec la PDG du CISSS des Laurentides, Rosemonde Landry.
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Deux hôpitaux des Laurentides dans la mire du ministre Dubé

Par Nathaliedansereau

Le 21 aout, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, a visité deux centres hospitaliers problématiques des Laurentides, à la demande de la PDG du CISSS qui souhaitait lui faire voir l’ampleur des travaux de réfection à réaliser sur les infrastructures vieillissantes. Une visite qui indique aussi la volonté du nouveau ministre de mieux savoir ce qui se passe sur le terrain.

 

En misant sur 9 axes d’intervention à mettre en place par le réseau de la santé d’ici le 30 septembre et sur son approche terrain, le ministre Dubé, comptable de formation et gestionnaire d’expérience, réussira-t-il à équilibrer l’appareil bureaucratique aussi bien que des colonnes de chiffres?

« Ça fait six semaines que je suis là. Alors si vous me demandez, est-ce que j’ai dompté le mammouth? – Pas encore, mais j’y travaille fort. […] Vendredi, je vais aller rencontrer deux hôpitaux problématiques (St-Eustache et St-Jérôme). Je veux être sur le terrain et voir ce qui se passe. Quand vous me dites qu’il y a des directives qui ne passaient pas. C’est vrai qu’elles ne passaient pas. Il faut aller voir les gestionnaires et leur demander : main-tenant que le plan est clair (c’est pour ça qu’on s’est donné jusqu’au 30 septembre). Il faut s’assurer que le message est bien passé. Qu’on dise maintenant quand vous avez un problème on veut le savoir. On ne veut pas le lire dans les journaux. On veut le savoir tout de suite », a dit le ministre Dubé à l’émission de Paul Arcand au 98,5.

Or, à la suite de notre article paru le 14 juillet soulevant un enjeu de transparence au CISSS des Laurentides, nous avons appris que : non seulement le CISSS a mis un mois avant d’aviser les médias et la population d’une éclosion de Covid-19 à l’hôpital de Saint-Jérôme, mais que le CISSS aurait aussi tardé à prendre les grands moyens pour contrer l’éclosion constatée le 7 juin.

Ce n’est que le 3 juillet, au moment où l’éclosion de 4 unités a été dévoilée publiquement, que le CISSS des Laurentides a fait appel au Centre universitaire de santé McGill (CUSM) pour visiter l’hôpital de Saint-Jérôme.

Le directeur général adjoint du CISSS des Laurentides, Sylvain Pomerleau, insiste sur le fait qu’il ne s’agissait pas d’un rapport d’évaluation externe commandé. « C’est de l’aide d’un centre universitaire qui a été fait parce qu’ils ont déjà vécu une situation similaire ».

« On avait déjà un plan d’action très très très costaud, souligne la PDG du CISSS, Rosemonde Landry. On a rajouté les quelques recommandations du CUSM en plus. On a eu une deuxième visite du CUSM, à notre demande, et ils ont été très enchan-tés de ce qu’ils ont vu. Ils nous ont dit qu’ils n’avaient plus besoin de venir nous visiter ».

Madame Landry, confirme que « le CUSM a produit par la suite un document interne remis à la direction du CISSS avec des recommandations qui ont été mises en place dans un plan d’action interne ».

Le CISSS des Laurentides a refusé de nous transmettre les documents internes, mais confirme du même souffle que plusieurs des recommandations émises par le CUSM avaient déjà été faites par l’équipe locale de Préventions et contrôles des infections (PCI).

Et c’est là que réside le problème, justement. Parmi les recommandations de l’équipe PCI qui seraient restées lettres mortes, selon nos sources, il y aurait notamment : le dépistage systématique de toutes les admissions, la fermeture de plusieurs chambres multiples, l’arrêt de transfert d’employés des zones rouges ou jaunes vers les zones vertes. Des éléments qui demandent plus de ressources, de budget et d’organisation que le simple désencombrement des unités et des corridors.

À la suite des recommandations du CUSM, l’hôpital de Saint-Jérôme a ajouté un vestiaire spécial pour les employés qui étaient sur les unités rouges ou sur les sites d’éclosion. Quand a-t-on mis en place les autres mesures recommandées par les infirmières de PCI de l’hôpital Saint-Jérôme? Impossible d’avoir la réponse.

Bref, pourquoi tarder à réagir sur un enjeu aussi important pour la santé des patients, des visiteurs et de la communauté? Un questionnement qui trouvera peut-être sa réponse avec l’enquête de la Commissaire à la santé et au bien-être, Joanne Castonguay, responsable d’examiner la performance du réseau de la santé, lors de la première vague de la pandémie de COVID-19 ou par les travaux de la Protectrice du citoyen.

En date du 24 août :

• L’ensemble des urgences des Laurentides a le taux d’occupation le plus élevé au Québec (148 %) devant Lanaudière (138 %), Montérégie (137 %), Laval (124 %), Estrie (111 %) et Montréal (108 %).

• L’hôpital de Saint-Eustache compte toujours 3 unités de soins en éclosion et un taux d’occupation de 135 %.

• L’hôpital de Saint-Jérôme a réussi à maîtriser 2 unités contaminées sur 4, depuis le 7 juin, et possède un taux d’occupation de 160 %.

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2 Comments

  1. marie lachapelle

    C’est simple, on n’a pas assez d’hôpitaux dans les Laurentides!

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  2. jean st-pierre

    la réponse est simple vous voulez vider les urgences du Québec ? le ticket modérateur et chacun va se poser la question ai- ce nécessaire vraiment nécessaire de s’y rendre

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