(Photo : Alouettes de Montréal - archives)
Le séjour des Alouettes à Saint-Jérôme aura duré deux printemps. 

Déménagement du camp des Alouettes : une vision d’économie versus des retombées pour les jeunes 

Par Luc Robert

Le déménagement du camp printanier de football des Alouettes de Montréal, de Saint-Jérôme vers Québec, a fait les délices des gérants d’estrade. En bout de ligne, les deux parties ont préféré ne pas renouveler l’option d’une 3e année au Centre Claude-Beaulieu et aux surfaces extérieures attenantes.

Les Alouettes ont donc tenu leur camp d’entraînement 2026 au PEPS de l’Université Laval, dans le secteur Sainte-Foy de Québec, dans l’enceinte de la formation du Rouge et Or, entre le 10 et le 29 mai derniers.

« L’entente initiale était d’une durée de deux ans, soit 2024 et 2025, avec une option pour l’année 2026, qui nécessitait l’accord des deux parties. Aucun avis de renouvellement n’a été transmis dans le délai prévu à l’entente. Des discussions étaient toutefois en cours concernant un renouvellement, selon des nouvelles modalités », a précisé Ève Chalifour, directrice Service des communications et des relations avec les citoyens, à la ville de Saint-Jérôme.

Au point 7,3 de l’entente opérationnelle de décembre 2023, il est écrit pour l’option de 2026, qu’un avis écrit des deux parties devait être soumis au plus tard le 1er novembre 2025 pour fins de renouvellement. Ensuite, les dates précises du camp devaient être transmises au plus tard le 15 février 2026. Or, la population a seulement appris le 13 mars 2026, via les Alouettes, que le club ne reviendrait pas ici.

« Certaines étapes du dossier se sont déroulées à différents moments de la transition municipale et en respectant la confidentialité des discussions. (…) Les installations étaient d’ailleurs toujours réservées en vue d’un éventuel retour des Alouettes à Saint-Jérôme », a-t-elle ajouté.

Où se trouvait l’os dans l’engrenage ?

« De façon générale, les Alouettes ont toujours été les bienvenus à Saint-Jérôme. Les discussions pour 2026 portaient toutefois sur des conditions différentes de celles consenties lors des années précédentes, par souci de saine gestion des fonds publics », a repris Mme Chalifour.

Sommes consenties

@R:Selon les modalités de l’entente opérationnelle, dont le <@Ri>Nord<@$p> a obtenu copie, Saint-Jérôme a versé 419 984 $ plus taxes aux Alouettes pour les deux premières années d’association, soit 207 072 $ en 2024 et 212 912 $ en 2025. Si elle avait été exercée selon les termes de départ, l’option de 2026 aurait coûté 218 520 $ à la Ville, soit un total de 638 504 $ (+ taxes) sur 3 ans.

« Les échanges (pour 2026) portaient sur de nouvelles modalités, dans un souci d’assurer une utilisation responsable des fonds publics et de maximiser les retombées pour la population jérômienne », a repris Mme Chalifour.

Entente de visibilité

Dans une deuxième entente de visibilité signée entre les parties, les Alouettes « concédaient à Saint-Jérôme des avantages représentant une valeur commerciale évaluée à 236 500 $ en 2024, de 243 500 $ en 2025 et de 251 000 $ en 2026 (si renouvelée) », pour un total de 731 000 $.

Certains observateurs ont avancé que cette deuxième entente « ne possédait qu’une valeur virtuelle symbolique ».

« La venue des Alouettes allait au-delà des implications financières, tant pour nos commerces locaux, que pour les jeunes. Nous en avons vu une pléiade s’adonner au sport après avoir vu les Alouettes s’entraîner, ou encore venir les rencontrer à leur école. (…) Des entrepreneurs locaux se sont investis à titre de bons citoyens corporatifs. En retour, ils n’ont rien reçu pour une 3e année d’entente envolée. Il y a d’autres grands projets pour Saint-Jérôme, qui ont fait virer de bord des hommes d’affaires prospères, ayant constaté la fin discutable du dossier des Alouettes », a soulevé une source bien au fait du dossier.

« Les discussions pour 2026 portaient sur des conditions différentes »

– Ève Chalifour

La ville a aussi assumé les coûts de production du plan de visibilité, contenu la deuxième entente.

« Le volet communautaire était reconnu comme un élément positif de l’entente. Cela dit, les discussions portaient sur un renouvellement selon de nouvelles modalités et donc, la ville ne peut commenter davantage le contenu des échanges entre les parties. Ils ont eu lieu par l’entremise des canaux établis entre les représentants des Alouettes et les représentants municipaux désignés au dossier », a réitéré Mme Chalifour.

En 2023, les deux ententes ont entre autres été signées par Mathieu Lapierre, directeur des loisirs, du sport, de la culture et du développement social de Saint-Jérôme, alors que René Masson, directeur des finances des Alouettes, a aussi apposé sa griffe pour les Alouettes.

Soulignons par ailleurs que les Alouettes ont déboursé le montant de 27 398, 81 $ à la ville en 2024, pour l’utilisation des installations. Le montant futur (2025) a été ensuite ajusté selon la hausse de l’indice des prix à la consommation (IPC), calculé au mois d’octobre de l’année en cours.

« Le montant versé par les Alouettes était lié à l’utilisation des lieux intérieurs et extérieurs. Il correspondait effectivement au tarif prévu par le règlement municipal sur la tarification », a détaillé Mme Chalifour.

Le club de football montréalais n’a pas souhaité commenter la fin abrupte de l’aventure à Saint-Jérôme.

« Toutes nos énergies ont été concentrées sur notre camp d’entraînement 2026, à Québec. Nous ne commenterons pas les détails de négociations passées. (…) Nous avons grandement apprécié nos séjours de 2024 et 2025 à Saint-Jérôme, et nous gardons un excellent souvenir de l’accueil chaleureux de la population envers nos joueurs et notre personnel », a commenté Francis Dupont, gestionnaire principal des communications chez les Alouettes de Montréal.

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