Débat de Bellefeuille : cinq candidats, cinq visions différentes
Un débat des candidats de Bellefeuille s’est tenu au centre récréatif et communautaire de Saint-Colomban, le 22 septembre dernier, en présence de plusieurs élus de la région. Les infrastructures, la croissance démographique et la mobilité ont été au cœur des discussions.
Animé par le maire de Saint-Colomban, Xavier-Antoine Lalande, le débat a rassemblé les cinq candidats de la nouvelle circonscription de Bellefeuille : Audrey Bujold (PQ), Pier-Luc Chayer (PCQ), Normand Lalonde (QS), Maud Laporte-Roy (PLQ) et Rachel Renaud (CAQ).
Pendant près de deux heures, les candidats ont présenté leurs propositions et confronté leurs visions sur les principaux enjeux régionaux.
Mobilité et infrastructures
La congestion routière et les lacunes du transport collectif ont occupé une place importante dans les échanges. Mme Laporte-Roy a défendu l’engagement libéral d’élargir l’autoroute 50, notamment sur un premier tronçon de 17 kilomètres entre Lachute et Mirabel. M. Lalonde a plutôt insisté sur le développement du transport collectif, proposant notamment sa gratuité pour les 25 ans et moins et les 65 ans et plus.
Mme Bujold a présenté la proposition péquiste d’un laissez-passer de transport collectif à 95 $ par mois, tandis que M. Chayer a plaidé pour une meilleure planification des transports en fonction du développement résidentiel. Mme Renaud a insisté sur la concertation entre les différents ordres de gouvernement.
Le maire a également soulevé les enjeux entourant l’autoroute 13, le réseau routier inachevé et les disparités liées à la taxe sur l’immatriculation.
Une croissance difficile à suivre
Le développement rapide de Bellefeuille a également alimenté les discussions sur le financement des infrastructures municipales, scolaires et communautaires. Mme Renaud a reconnu que les infrastructures n’avaient pas suivi la croissance démographique. Elle a défendu une nouvelle approche de financement annuel des municipalités, plutôt que par projet.
Mme Bujold a plaidé pour une meilleure planification régionale et un fonds dédié aux infrastructures municipales. Mme Laporte-Roy a proposé de consacrer 75 % du Plan québécois des infrastructures à l’entretien des actifs existants et 25 % aux nouveaux projets.
M. Chayer a défendu une décentralisation des décisions vers les régions, tandis que M. Lalonde a réclamé une réforme du financement municipal.
Le maire a toutefois demandé aux candidats de préciser les moyens financiers accompagnant leurs propositions. Il a notamment rappelé que le développement du périmètre urbain de Saint-Colomban nécessiterait des investissements majeurs dans les réseaux d’aqueduc et d’égout, évalués à environ 80 millions de dollars il y a quelques années.
Des échanges sur les finances publiques
Les finances publiques ont suscité plusieurs répliques. M. Lalonde a défendu une taxation accrue des grandes fortunes pour financer les services publics, tandis que M. Chayer a proposé de réduire le fardeau réglementaire et l’impôt des sociétés.
Mme Renaud a questionné les propositions du PQ et du PCQ concernant les aides aux entreprises, soutenant que certaines PME dépendent des subventions pour moderniser leurs équipements. Mme Bujold a répliqué que son parti privilégiait une baisse d’impôt accessible à l’ensemble des PME.
Santé et qualité de vie
Les candidats ont également abordé le logement et l’accès aux soins. Normand Lalonde a réclamé un CLSC à Bellefeuille et défendu le réseau public. Audrey Bujold a insisté sur l’importance des différents professionnels de la santé, tandis que Maud Laporte-Roy a proposé de réinvestir 200 millions de dollars dans les CLSC.
Pier-Luc Chayer a défendu un recours accru au privé, alors que Rachel Renaud a rappelé les engagements caquistes pour réduire les délais chirurgicaux.
En terminant le débat, les cinq candidats ont réaffirmé leur volonté de défendre les intérêts de Bellefeuille à l’Assemblée nationale, notamment par la collaboration avec les municipalités et les autres élus.