(Photo : Médialo Alexane Taillon-Thiffeault)
Saint-Jérôme l’a échappée belle grâce à une température plus clémente. 

Crues printanières : plus de peur que de mal autour de la Rivière-du-Nord 

Par Luc Robert

La température clémente de la dernière fin de semaine a évité les débordements catastrophiques envisagés par Environnement Québec, dont les projections prévoyaient au départ des débits possibles de 400 mètres cubes à la seconde sur la Rivière-du-Nord.

Ces possibles poussées, jamais vues depuis les premières données colligées en 1930, aurait pu causer des répercussions majeures aux rivages et résidences bordant la Rivière-du-Nord.

« On a validé les chiffres à mesure qu’ils entraient. Nos équipes se trouvaient aux aguets 24/7, jusqu’à ce que ça se stabilise. Les faibles débordements sont survenus dans les secteurs de l’Île-Perreault et de la rue Sarto. On parle d’une vingtaine de propriétés. On s’en est bien tiré à date, avec quelques éclaboussures. Mais le suivi demeure serré », a commenté en entrevue téléphonique le maire de Saint-Jérôme, M. Rémi Barbeau.

Ponts fermés

Le pont Viau a été fermé en raison du fort débit de la rivière.

Par prévention, la Ville de Saint‑Jérôme a procédé le mercredi 15 avril dernier à la fermeture du pont Viau, situé sur la rue Saint‑Joseph. Dans un deuxième temps, elle a mis des barricades au pont Drouin, situé sur la rue de Saint‑Faustin. L’eau atteignait en début de semaine le tablier du pont, rendant cette intervention nécessaire, afin d’assurer la sécurité des usagers.

« Notre n’avions pas comme objectif d’être alarmistes, mais d’être prévenants envers nos citoyens. Certains ont signalé le détachement d’un morceau de béton sous le pont Drouin. Il a donc été fermé entre les rues Boyer et Saint-Joseph par prévention. À un niveau moyen de crues, le lit de la rivière peut sortir et il valait mieux aviser les gens. Lorsque le niveau d’eau baissera, des inspections provinciales sous les ponts auront lieu, avant leur réouverture éventuelle », a poursuivi M. Barbeau.

Barêmes changés

Une certaine confusion s’est produite lors des premières alertes de possibles crues records à venir. L’échelle des niveaux de seuils de débordements a été revue au MELCCFP, de sorte que les vétérans férus de statistiques ont cru à un cataclysme en devenir.

« Les barèmes ont changé : le seuil minimum de surveillance se situe maintenant à 160 m3/secondes, alors que les seuils d’inondations sont passés respectivement à 220 (minimum), 270 (moyenne) et 365 (majeure) pour le débit par m3/secondes. Ils ont bien fait d’avertir la population, mais à moins d’une combinaison simultanée de fortes pluies et de fontes des couverts de lacs laurentiens, je ne pense pas qu’il y aura des énormes inondations et c’est tant mieux », a souligné l’ancien conseiller jérômien Mario Fauteux, qui a été pendant longtemps président de la Commission de l’Environnement.

Les anciens seuils baromètres se trouvaient plus bas pour la RDN. Le niveau de surveillance s’établissait alors à 150 m3\s, tandis que les inondations mineures, moyennes et majeures étaient fixées à 180 m3/s, 220 m3/s et 260 m3/s respectivement.

En date du lundi 20 avril à midi, le débit de la Rivière-du-Nord atteignait 226,30 m3/seconde à la station hydrométrique située en amont du pont de la rue Bélanger à Saint-Jérôme, soit une crue qualifiée d’habituelle pour la période.

Répétitions importantes

L’ex-conseiller Fauteux s’inquiète d’autre part de la tendance des dernières années en matière de crues des eaux.

« Les statistiques démontrent que lors des 10 dernières années, des débits forts de 300 m3/s sont survenus à 4 occasions. Ça revient souvent au cours des dernières années d’observer ces poussées, alors qu’au mois d’août, on obtient un débit de 4 m3/s, alors que la normale se situe à ,10 m3/s. On voit trop d’extrêmes récemment. Est-ce qu’il y a trop de permis de constructions octroyés, qui ont mené à détruire des terrains et forêts éponges sur notre territoire ? La question mérite d’être posée, en période de changements climatiques », a terminé M. Fauteux.

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