Le capot du camion de livraison de colis a été amoché.

| Par Luc Robert

Collision et double tonneaux dans un tracteur de déneigement à Prévost

Un conducteur de tracteur à déneigement se compte chanceux d’avoir vu dans ses miroirs un camion de livraison qui s’apprêtait à l’emboutir par l’arrière, car il a pu adopter une position le protégeant.

Marc-Antoine Corbeil circulait vers le sud, sur la route 117, vendredi dernier (vers 11h30) devant l’ancien magasin du dollar, lorsque le camion de colis est venu percuter sa souffleuse du côté gauche.

« Le camion s’est positionné entre mon tracteur et un 2e qui me suivait. Je me suis adonné à regarder dans un miroir et j’ai trouvé qu’il effectuait une accélération complète, très rapide. J’ai juste eu le temps de me placer en étoile et de crier bien non ! Boom : le tracteur est parti à 180 degrés, avant d’effectuer deux tonneaux. Quand j’ai rouvert les yeux, j’avais les quatre membres en l’air et les vitres de l’habitacle étaient toutes éclatées », s’est remémoré l’Adélois.

« Je suis chanceux de l’avoir vu venir, sinon, je ne serais plus là pour en parler. Mes vertèbres lombaires du bas du dos me font mal, j’ai une bosse ou deux dans le front et mon tibia gauche s’est fait peler. Mais je veux revenir déneiger au plus vite. Merci aux ambulanciers et au personnel de l’hôpital de Saint-Jérôme. Le doc est venu me voir souvent et je suis ressorti de là, trois heures plus tard. »

La toiture du tracteur s’est arrachée lors de l’impact. Photo : Emmanuel Monette

M. Corbeil s’en allait faire un court déneigement en équipe, lors de la collision.

« On s’en allait faire une jobine à deux tracteurs. Francis Hénault, le conducteur du 2e tracteur, m’a assis dans sa cabine pour que je me réchauffe, après la collision. Je disais à mon patron, Emmanuel Monette, de me jaser, parce que j’avais les yeux lourds. J’ai probablement perdu conscience pendant quelques secondes. Quand le stress a rebaissé, mes jambes ont flanché ».

« Marc-Antoine a pu se tenir et sortir lui-même de la carcasse, probablement sur l’adrénaline. Averti par walkie-talkie, le cœur m’a viré de bord en arrivant sur les lieux. Il est où M.-C. ? Je regardais sur les bancs de neige, sous le tracteur et je ne le trouvais pas. Il était dans le 2e (tracteur). On a utilisé une couverture de la SQ pour le réchauffer. La police était là en 4 minutes et l’ambulance en 8 minutes. Ça a été rapide, merci ! », a enchaîné Emmanuel Monette, proprio de la firme Entretien paysager ALM inc., dont le stationnement est tout près.

Par le passé, Marc-Antoine a déjà fait parler de lui. En 2019, alors qu’une voiture était la proie des flammes à la station-service Couche-Tard, à l’angle du chemin du Lac Écho et de la 117, il avait eu l’idée de souffler un banc de neige sur l’automobile, pour éteindre le brasier et éviter une explosion à proximité des réservoirs d’essence.

Raccordement brisé

À la suite de l’impact, les trois points de raccordement entre la souffleuse et le tracteur ont été rompus, tout comme l’embrayage (PTO).

« On va attendre le verdict des évaluateurs, pour savoir si c’est une perte totale. Le gyrophare était allumé, tout comme les quatre clignotants. On sort en convois, habituellement. Mon tracteur fait au maximum 32 km/h. La collision a donc été terrible. C’est arrivé dans la zone de 70 km/h, à 100 mètres de franchir la pancarte des 90 km/h. Il faudrait peut-être que le MTQ songe à limiter ça à 50 km/h, (à partir) des feux de circulation du domaine des Patriarches, jusqu’au viaduc de la piste cyclable. Ça roule vraiment trop vide », a constaté M. Monette.

Ce dernier se questionne sur la séquence des événements.

« De l’aveu même du conducteur du véhicule (de colis), il a dit avoir regardé quelque chose avant l’impact. (…) Vous avez là le résultat d’une inattention. A-t-il regardé son horaire de livraison ? Son GPS pour s’y rendre ? L’enquête le démontrera. Ça aurait pu coûter la vie à mon employé. J’aimerais sensibiliser les gens au fait de bien regarder devant », a repris le patron.

Emmanuel Monette entend donner le même service, avec un tracteur en moins pour le moment, à ses clients.

« On déneige 1 500 entrées à Prévost. Je recherche un tracteur pour remplacer celui accidenté. On se trouve dans une période de pandémie, pendant laquelle les tracteurs sont rares, tant sur le marché des neufs que celui des usagés. Je dois remplacer mon véhicule, qui déneige une centaine de cours à lui seul. De plus, il possède un chargeur (loader) à l’avant. Il est essentiel à nos services. »

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