(Photo : Libre de droits - Adobe Stock )
Une grande variété de boissons énergisantes sont offertes dans nos commerces.

Boissons énergisantes : mort évitable? Québec tarde à agir

Par Louis-Philippe Forest-Gaudet

Plus de deux ans après la mort d’un adolescent lors d’une sortie scolaire, les appels à encadrer les boissons énergisantes se multiplient, sans réponse concrète de Québec.

Le 12 janvier 2024, Zachary Miron, 15 ans, participe à une sortie de ski à Morin-Heights. Le matin, il prend sa médication pour le TDAH. Sur les pentes, il consomme une boisson énergisante. L’interaction provoque une arythmie fatale.

D’autres signalements d’interactions graves entre caféine et médication similaire ont aussi été recensés. Des cardiologues évoquent un danger « méconnu », mais réel.

« Notre chum Zac »

Chez les proches, le choc demeure. Des amis de l’adolescent continuent de témoigner. « Notre chum Zac, il nous a quittés trop tôt. Il avait pris une seule boisson énergisante. Son cœur s’est arrêté, il avait 15 ans. » Leur message est clair. « Même sans médication, ces boissons sont dangereuses. Le risque est réel. »

Ces témoignages traduisent une banalisation du produit chez les jeunes. « On ne pensait pas que c’était dangereux », disent certains dans un reportage de Radio-Canada.

Sport et marketing

Le drame est survenu dans un contexte sportif, où ces boissons sont souvent perçues comme un coup de pouce. Leur marketing mise sur l’adrénaline, la performance et les sports extrêmes, des codes qui rejoignent directement les adolescents. Résultat: selon un sondage Léger, près de 80 % des jeunes en ont déjà consommé.

Des risques connus

L’Institut national de santé publique du Québec rappelle que les jeunes sont plus vulnérables aux effets de la caféine, notamment cardiaques. Santé Canada recommande de ne pas dépasser 2,5 mg/kg par jour. Une seule canette peut atteindre cette limite.

Des recommandations sans suite

Un rapport d’experts remis en 2023 à l’Assemblée nationale recommandait d’interdire la vente aux mineurs. Aucune mesure n’a encore été adoptée.

Le député Guillaume Cliche-Rivard presse Québec d’agir. « On se mobilise pour protéger les jeunes », affirme-t-il.

La ministre Sonia Bélanger se dit préoccupée, sans échéancier.

Une réalité bien présente ici

Dans les Laurentides, la situation interpelle directement le milieu scolaire. Un intervenant du réseau éducatif de la région, qui n’était pas autorisé à s’exprimer publiquement, résume ainsi le malaise: « Ce sont des produits faciles d’accès, perçus comme anodins. Pourtant, les risques sont bien réels. »

Avec les nombreuses sorties scolaires et activités sportives, l’encadrement de ces boissons demeure une question bien concrète sur le terrain.

Plus de deux ans après les faits, le débat persiste. Les témoignages s’accumulent. Les règles, elles, tardent toujours.

Caféine et jeunes: les repères

  • Maximum: 2,5 mg/kg/jour selon Santé Canada
  • Exemple: 125 mg pour un jeune de 50 kg
  • Une canette: 50 à 180 mg
  • Moins de 14 ans: à éviter
  • Risques: palpitations, anxiété, arythmie
  • Risque accru avec médication TDAH

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