Bellefeuille : un développement mieux encadré
La Ville de Saint-Jérôme souhaite mieux encadrer le développement immobilier dans le secteur de Bellefeuille grâce à un plan particulier d’urbanisme (PPU). Une démarche qui vise notamment à préserver le caractère du quartier tout en répondant aux besoins d’une population grandissante.
Depuis quelque temps, les projets immobiliers et les possibilités de densification à Bellefeuille suscitent des questionnements chez plusieurs citoyens. Le maire de Saint-Jérôme, Rémi Barbeau, assure que l’administration municipale partage certaines de leurs préoccupations et entend mettre en place une stratégie adaptée à la réalité du secteur.
« On ne peut pas penser à Bellefeuille comme on pense au centre-ville de Saint-Jérôme. C’est une réalité différente », souligne-t-il.
Le maire explique que le nouveau plan d’urbanisme, adopté il y a un peu plus d’un an par l’ancienne administration, prévoit une densification plus importante que ce qui était initialement envisagé à Bellefeuille. C’est notamment ce constat qui pousse l’administration actuelle à vouloir élaborer un PPU propre au quartier.

« C’est la première fois dans l’histoire de la Ville de Saint-Jérôme, depuis les fusions en 2002, qu’on met Bellefeuille dans sa propre stratégie », précise-t-il.
Des annonces officielles concernant cette démarche devraient être faites prochainement. Le maire tient toutefois à préciser qu’aucun nouveau projet immobilier n’a été déposé dans les zones concernées par les récentes inquiétudes citoyennes. Les développements actuellement en cours avaient déjà été amorcés sous l’ancienne administration.
Densifier aux bons endroits
Pour M. Barbeau, la densification demeure nécessaire afin de générer de nouveaux revenus municipaux et de financer les services réclamés par la population, sans faire reposer l’ensemble de la facture sur les contribuables. Toutefois, cette croissance ne doit pas se faire n’importe où. Le maire privilégie notamment les pôles de quartier, où plusieurs commerces et services sont déjà accessibles.
Il cite en exemple l’intersection du boulevard de la Salette et de la rue Lamontagne, où se trouvent notamment une pharmacie, des restaurants et différents commerces. « C’est là qu’on veut développer un peu plus de densité parce que c’est là qu’on a des services, et les gens peuvent s’y rendre à pied », explique-t-il.
Actuellement, on prévoit des bâtiments de deux à quatre étages dans le secteur de Bellefeuille, comparativement à des hauteurs pouvant atteindre 10 à 12 étages au centre-ville. Le futur PPU permettra notamment d’évaluer les hauteurs appropriées selon les différents endroits, afin d’éviter les contrastes trop importants entre les nouvelles constructions et les résidences existantes.
La circulation au cœur des préoccupations
L’augmentation de la circulation constitue également un enjeu important pour l’administration municipale. Le maire reconnaît que l’arrivée de nouveaux immeubles entraîne inévitablement davantage de véhicules sur les routes.
Or, la Ville ne dispose pas encore de toutes les données nécessaires pour évaluer adéquatement la situation. Des plans directeurs concernant la circulation, les infrastructures et les bâtiments municipaux sont donc en préparation afin de mieux orienter les investissements.
Ces analyses pourraient notamment mener à l’ajout de trottoirs, à des modifications de rues ou à l’aménagement de nouvelles intersections.
« Chaque nouvel immeuble doit nous donner la capacité financière d’ajuster les enjeux de circulation, d’accès à la nature, de sécurité, de parcs, de proximité et de services », soutient Rémi Barbeau. Le maire précise que certains travaux municipaux, comme l’ajout d’un trottoir, peuvent être réalisés dès l’année suivant leur inscription au budget.
La situation se complique toutefois lorsqu’une intervention concerne une route sous la responsabilité du ministère des Transports et de la Mobilité durable. Plusieurs axes de Bellefeuille, notamment des portions de la rue Lamontagne, le boulevard de la Salette et la rue de Martigny, relèvent du gouvernement provincial, ce qui peut ralentir la réalisation des travaux.
En concluant, le maire précise que la population de Bellefeuille peut toujours contacter la centrale du citoyen pour toute inquiétude, ou évidemment, les conseillers et conseillères du secteur. Il y aura d’ailleurs une rencontre citoyenne le 15 octobre prochain à 18 h 30 à l’Église Notre-Dame-de-la-Salette, et d’autres consultations auront lieu dans le futur.